08 mai 2008
Folles confidences sur l'oreiller
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Ce billet a été écrit suite à une proposition de SeaRabbit dans le cadre du Jeu des titres.
Si vous voulez proposer des titres de billets, vous pouvez le faire ici.
Si vous voulez rédiger un billet à partir d’un titre proposé, c’est par là.
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Dis donc, tu dors bien la nuit, toi?
Oui. Et toi?
Je ne dors plus. Monsieur ronfle. C’est un concert de grondements et de vrombissements incroyables.
Moi, j’aime bien quand madame tombe dans les bras de Morphée. Ses rêves sont déraisonnables. Elle ricane, soupire, chuchote. Je l’ai même déjà entendu chanter.
T’as d’la chance. Quand monsieur réussit à rêver entre deux ronflements, il crie, que dis-je, il hurle et grince des dents. La nuit dernière j’ai cru comprendre qu’il était poursuivi par des tueurs à gage.
Tiens, madame aussi pousse des petits cris, mais je crois que tu aimerais bien les entendre. C’est fou ce que ses rêves semblent palpitants.
Tu veux que je te dise une chose? J’aime bien quand madame vient prendre ses aises chez moi, ça me bouscule un peu mais monsieur a l’air tellement content. Et ça met fin aux cauchemars.
Il faut que je te raconte une anecdote. Tu n’en souffles mot à personne.
Il y a quelques années, j’ai été témoin d’une petite dispute pour une histoire de drap mouillé. Ce soir-là monsieur et madame rigolaient beaucoup. Leurs ébats avaient duré des heures. Je te laisse imaginer.
Et puis après bien des cabrioles, ils se sont endormis. Mais au milieu de la nuit, quand madame s’est réveillée elle était tout mouillée. Elle a jeté un coup d’œil du côté de monsieur. Et là, je les entends :
- Chéri, tu ne dors pas?
– Mais oui, je dormais, et toi alors, qu’est-ce que tu fais? Ça va pas?
– Tu ne remarques rien?
– Je rêvais là. Mais qu’est-ce que c’est que ce drap tout mouillé?
– Je te le demande justement.
- Et ben merde! Regarde, tu vois bien là, il y a une fuite dans le matelas d’eau, b*rdel!
Ils en ont eu pour la nuit à réparer les dégâts et à s’obstiner pour savoir qui avait eu l’idée d’acheter un lit d’eau.
(sourire) Tu sais c’est la première fois qu’on jase autant ….. Mais il se fait tard, tu te « taie » maintenant, ils vont bientôt arrivés.
J’ai une proposition à te faire. Si tu laissais madame dormir seule ce soir et que tu venais dormir avec moi. La tête sur deux oreillers, je crois que monsieur s’en porterait bien mieux.
04 mai 2008
Quand un clou chasse l’autre, ça cogne dur.
Il y a des jours où l’on voudrait clouer le bec à tous les connards de la terre, leur river le clou à perpette.
Il y a des semaines où on se met martel en tête, à en devenir complètement marteau.
Il y a des mois où on se mettrait soi-même au clou pour ne pas tomber dans la dèche.
Mais une bonne façon de faire passer sa colère, c’est de jouer du marteau.
Après avoir imposé mes états d’âme à tout un chacun, après être montée aux barricades sans même un trait d’humour, je vous présente celui qui a subi les affres de ma colère et de mes sautes d’humeur, celui sur qui j’ai frappé pour éloigner de moi l’irritabilité.
Après tout, un clou chasse l’autre.

01 mai 2008
Cibouère!
Le 1er mai, qu’est-ce que c’est?
Pour La Presse, le plus grand quotidien français en Amérique, (il est présenté dans un très grand format), ce qui était à la Une du journal ce matin, sur une moitié de page : La défaite d’un club de hockey…
Cibouère! Tu parles qu’on s’en fout de la défaite des Canadiens de Montréal. Les hockeyeurs millionnaires iront se reposer sur les terrains de golf juste un peu plus tôt.
C’est seulement en page A6, qu’on parle de la hausse du salaire minimum des petits travailleurs.
Une «hausse historique»dit-on de 50 cents l’heure pour atteindre 8,50$. Soit, une hausse de 6,25%.
Et le gouvernement se tape les bretelles. Il prépare les prochaines élections.
Surtout, n’informons pas le bon peuple, ne lui parlons pas de la hausse des tarifs d’électricité (13% depuis 2003), du logement (15% depuis 2000), de l’alimentation (11% en deux ans).
Ne l’informons pas que depuis 25 ans, le revenu des plus pauvres a diminué de 20% pendant que celui des riches augmentait de 16%.
Qu’y a-t-il à fêter quand le salaire minimum ne permet toujours pas de vivre au-dessus du seuil de pauvreté?
Le 1er mai aurait été une belle occasion pour les journalistes de sensibiliser et d’informer la population sur les inégalités sociales.
Où sont les dirigeants syndicaux aujourd’hui?
Qu’attendent-ils pour parler d’équité salariale, du droit de se syndiquer, du statut précaire des travailleurs à temps partiel, des conditions de travail des travailleurs autonomes, de l’appauvrissement des personnes âgées et retraitées.
Ces batailles sont loin d’être gagnées.
Les syndicats ont la colonne vertébrale bien molle. On est loin des années 70.
Il serait temps qu’ils forment leurs délégués et leurs membres, qu'ils leur apprennent qu’on ne boit pas le café avec le patron … cibouère!
La solidarité, qu’est-ce que c’est?

26 avril 2008
De photographes à délateurs
Puisqu'il faut en parler,
La ville est hockey,
Après l'encabanement de l'hiver,
La ville est en fête.
Depuis trois semaines bientôt,
On a enlevés nos capots,
Pour enfiler l'uniforme,
Des gars du Forum.
Dans les rues encore sales,
Dans le circuit des nids de poule,
Je n'y comprends que dalle,
À cet hystérie de la foule.
Mais encore plus curieux,
Les policiers n'ont pas prévu,
Qu'une victoire des Glorieux,
Ferait émeute dans la rue.
Pour cacher son incompétence,
Notre corps de police amateur,
Demande aux témoins dans l'assistance,
De devenir délateurs.
Soyez futés,
Près du Centre Bell,
Faut pas flâner,
Rangez vos cell.


22 avril 2008
Logement à louer
Billet sans humour. Comment pourrais-je en rire?
La tradition veut qu’à Montréal, à compter du mois d’avril, les locataires annoncent leur intention de ne pas renouveler leur bail et de déménager le 1er juillet.
La section des petites annonces dans les journaux se remplit alors d’offres de logements à louer.
Et c’est à ce moment que, pour plusieurs locataires, le cauchemar commence.
Parce que pour se loger à Montréal il est préférable,
D’être blanc,
Québécois de souche,
De vivre seul ou en couple sans enfant,
De ne pas avoir d’animaux de compagnie,
De ne manger ni friture, poisson ou tout produit exotique dégageant une odeur autre que le sirop d’érable.
D’avoir un âge respectable,
D’écouter de la musique en sourdine,
D’avoir une « job steady »,
Et surtout d’avoir un bon dossier de crédit.
On peut donc lire dans les journaux des annonces telles que :
Ahuntsic, grand 5 ½, 2ème étage, non chauffé, près parc, école, centre d’achat, entrée lav./séch., pas d’animaux, non-fumeur, idéal pour dame seule retraitée. Références. $950. / mois. 514-xxx-xxxx
(Je ne l’ai pas inventé. Tant d’incohérence et de stupidité, ça ne s’invente pas!)
Non, ce n’est pas écrit qu’on ne loue pas aux immigrants, on le détectera à l’accent au moment de l’appel téléphonique, ni qu’on ne veut pas d’enfants (dans un 5 ½ ) qui vont déranger la quiétude du proprio qui habite en dessous.
Mais n’ayez crainte, on trouvera bien une façon de vous le faire savoir. « Vous n’êtes pas la première à vous présenter, madame. Ne rappelez pas on vous rappellera ».
Et si vous vivez du Bien-Ête social (BS), n’y pensez même pas, parce que pour ce qui est de vos ressources financières, on vous demandera un relevé de compte bancaire.
Finalement, avec une lettre de référence, le propriétaire ne courre plus aucun risque.
Devant l’injustice sociale et l’abus de pouvoir, je fulmine, « la boucane me sort par les oreilles ».
Et je n’arrive pas à départager la colère qui m’habite face à des petits bourgeois parvenus qui oublient parfois bien vite leur origine modeste, et la tristesse que je ressens en pensant aux familles qui se retrouveront à la rue le 1er juillet, meubles, cartons et effets personnels placés sur le trottoir, à la vue des passants, parce que sans logis.
Comment peut-on fermer les yeux?
18 avril 2008
L'ennui d'être drôle et sexy à la fois.
Ce billet fait suite à une suggestion de Manu laissée sur le « post » Sport extrême du 4 avril.
Dorénavant, vous pouvez laisser des suggestions de titres sur le site Le jeu des titres.
Les blogueurs qui le désirent pourront se les approprier et « en faire leurs choux gras ».
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Vrai comme je vous le dis, le pouvoir érotique des bouffons est un mythe.
Les drôleries ou les pitreries ne sont généralement pas de nature aphrodisiaque.
Vous imaginez un Louis de Funès ou un Gilles Latulippe dans une scène torride?
D’où l’ennui d’être un sexe symbole et un clown à la fois!
Jugez-en par vous-mêmes en regardant ce court diaporama « photoshopé »








