01 février 2010
F comme dans ...
Hier, j’ai ouvert mon dictionnaire Thesaurus.
Sur la page titre il est écrit : « des mots aux idées, des idées aux mots. »
Comme je n’avais aucune idée en tête, je me suis dit : ce dico va trouver les mots qui me manquent pour rédiger un billet.
Mais j’ai vite compris qu’il faut d’abord avoir un mot en tête pour que Thesaurus fasse jaillir l’idée.
Alors, je suis restée assise devant le clavier à chercher un mot.
Je fixais les 26 lettres placées dans le désordre et aucune ne m’inspirait.
Finalement j’ai remarqué que deux d’entre elles cherchaient à se distinguer par un trait en relief : Le F et le J.
J’ai placé mes doigts sur le clavier et juste comme ça, pour Jouer j’ai tapé : Fadaise.
J’avais un mot.
Si j’en croyais mon dico, j’aurais bientôt une idée.
Le Thesaurus fourmille d’idées. Le mot fadaise a 9 entrées différentes, chacune d’entre elles fournissant synonymes et sens différents qui vous renvoient à d’autres mots, eux-mêmes générateurs d’idées jusqu’à vous perdre dans un dédale de calembredaines et de vains propos à ne plus savoir où donner de la tête.
Plus je voyageais parmi les mots, plus la folie me rattrapait. Je devais me rendre à l’évidence : ce jeu n’était que foutaise.
De fadaises en futilités, de fichaises en fariboles, plus je faisais le plein de mots, plus le vide s’installait.
J’ai réalisé tout à coup que le choix d’un mot n’était peut-être pas anodin.
Depuis quelques semaines j’avais un grand besoin de faire le vide d’un trop plein de … soucis.
Alors je suis partie quelques temps faire le plein de vide.
Pas surprenant maintenant qu’il ne reste dans ma tête que des fadaises.

15 janvier 2010
Fouille-moi
Non, mais qu’est-ce que c’est que ce titre provocateur à souhait?
Où vais-je avec cette histoire?
Fouille-moi, je n’en ai aucune idée.

Et si j’allais à l’aéroport?
Histoire de me faire peur un peu, ou de me faire rire, ou de me mettre en colère, ou de provoquer meeessieur l’inspecteur de la dangerosité publique.
Si je partais quelque part et que je devais prendre l’avion, je ferais un show.
Trop pudique pour me présenter toute nue, je provoquerais le voyeur à la fouille en utilisant le système multicouche, (c’est la meilleur façon de rester au chaud et au sec lorsqu’on fait une activité sportive). Et j’aime autant vous dire que prendre l’avion par les temps qui courent, c’est du sport.
J’imagine la séance d’effeuillage :
J’enlève mes mitaines et puis mes gants.
Je retire ma tuque et mon turban.
Je dézippe l’anorak, me débarrasse d’un gilet, d’un chandail, d’une laine polaire, de mon chemisier, d’un débardeur, et de mon soutien-gorge.
- Dois-je enlever ma petite chaîne au cou, meessieur?
- Ça ira, qu’il répond, en s’impatientant.
- Je continue, alors?
- Faites.
J’enlève mes bottes et mes deux paires de chaussettes.
Je détache mon pantalon imper que je laisse tomber au sol.
Reste à me départir de mon pantalon en Gore-tex, de mon collant thermal, et d’une petite culotte.
- Dois-je enlever le string, meesieur?
- Hum! … Je consulte et je reviens.
Il est revenu avec son supérieur.
- Ça va aller, vous pouvez vous rhabiller, qu’il dit.
- Au suivant.
Pendant que je remettais mon multicouche, j’ai entendu le supérieur, un monsieur très distingué, dire à l’inspecteur-voyeur de la sécurité :
«Pas mal pour son âge, mais fouille-moi où elle est allée chercher cette idée de s’habiller si chaudement pour aller en vacances aux îles Caïmans.
Cette histoire ne risque pas de m’arriver. Pourquoi fouillerait-on une femme blanche, sans barbe, d’un âge respectable, réservée, délicate, sans malice, portant un joli prénom français et venant d’un pays chrétien et pacifiste?
Mais fouille-moi où le président Obama est allé chercher l’idée de faire des fouilles ciblées dans les aéroports en fonctions des pays d’origine des voyageurs, lui qui prônait, il n’y a pas très longtemps une politique d’ouverture et de main tendue.
Jusqu’où doit-on aller pour satisfaire la droite américaine et calmer la peur qu’on a soi-même générée? Je n’en sais rien.
05 janvier 2010
Le patenteux - Au prochain carrefour, tournez à droite.
Depuis 6 mois Chloé ne dort plus.
Chaque nuit, le même rêve revient la hanter.
Elle part en voyage, se retrouve à Paris, dépose ses bagages à l’hôtel et visite la ville. Elle prend plaisir à reconnaître les rues, les monuments et les cafés vus lors de ses précédents voyages.
Et soudainement elle devient amnésique. Elle est perdue dans la ville. Seule, ne connaissant personne, elle ne se souvient plus à quel hôtel elle est descendue et s’en veut de ne pas avoir apporté les plans de la ville et du métro. Elle n’a aucun papier sur elle, pas un sous dans les poches. Les rues se font de plus en plus étroites. Elle est condamnée à errer à jamais.
Elle éprouve une sensation de vertige, et s’affole.
La panique s’empare d’elle.
C’est à ce moment que Chloé se réveille en sueurs, le souffle court, le cœur serré et jette un coup d’œil au réveil. Trois heures du matin. Elle allume la lampe sur la table de chevet.
Elle ne veut plus fermer les yeux de peur de retomber dans le même cauchemar.
Épuisée par ces courtes nuits, Chloé a consulté plusieurs spécialistes des troubles du sommeil, puis elle a rencontré celui qui se fait appeler l’Architecte mais que les gens du village appellent le patenteux.
L’homme, un autodidacte érudit, est reconnu pour son génie inventif et ses connaissances approfondies dans de multiples domaines.
Il écoute Chloé lui raconter son histoire et lui promet de trouver une solution à son problème.
Quelques semaines passent.
Chloé est retournée voir l’Architecte.
Elle rêve encore la nuit mais ne se perd plus jamais dans Paris puisqu’elle porte maintenant, sous la peau, une micro-puce électronique munie d’un GPS.
Et vous?
Vous rêvez parfois?
Vous aimeriez être guidés par une voix rassurante?
Pour accéder au monde onirique, cliquez sur la photo ci-dessous.
Et par la suite, partez en voyage en sélectionnant à droite, en haut de la page : « diaporama en musique ».
(Montez le son des haut-parleurs)
Bonne année 2010 à vous tous
18 décembre 2009
Ça sent bon … la tourtière
Une odeur, une chanson, un parfum, une couleur, et le passé resurgit.
Avec lui, un tourbillon de souvenirs heureux ou malheureux tout à coup nous habitent.
En écrivant le titre de ce billet, j’ai pensé à cette vieille chanson française, La Charlotte prie Notre-Dame : « Oh ! que ça sent bon l'boudin grillé ... »
Enfant, la veille de Noël, lorsque cette chanson jouait à la radio entre Le petit renne au nez rouge et Mon beau sapin, ça m’attristait, je pleurais. Je ne comprenais pas tous les mots, et j’imaginais une enfant abandonnée dans le froid de l’hiver, qui grelottait, qui n’avait rien à manger. J’étais certaine qu’elle existait La Charlotte et j’aurais voulu que quelqu’un s’en occupe, qu’elle n’ait pas froid aux pieds, qu’elle mange à sa faim. J’aurais tellement aimé qu’elle ait un toit, des vêtements chauds et … du boudin grillé.
Ma mère me consolait, elle me disait : on ne l’écoutera plus cette chanson, ma chouette.
J’avais de la chance, moi.
Quel âge avais-je à ce moment? Six ans, sept ans, huit ans?
Je possédais peu de jouets, nous n’étions pas très riche, mais j’avais tant à la fois : un toit, trois repas par jour, ce qu’il fallait pour grandir, pour jouer, pour m’épanouir, et tant et tant d’amour.
Le temps a passé, je n’ai pas beaucoup changé.
J’ai encore un toit, un peu plus que ce qu’il me faut pour jouer et m’épanouir. Je reçois encore beaucoup d’amour, assez pour en donner. Et je pense aux Charlottes de ce monde.
Comme c’est curieux ce mélange de joie et de tristesse qui m’habite toujours à cette période de l’année. Tous ces souvenirs qui se bousculent dans ma tête.
Pendant qu’on nous bombarde de messages de paix et d’amour, il y a toujours la guerre, la misère, les querelles petites et grandes, et plein de Charlottes qui ont froid, qui ont faim, qui ont peur et qui prient pour qu’on les sorte de leur enfer.
Je ne sais pas si c’est inconvenant d’écrire ce genre d’histoire aujourd’hui.
Peut-être aurais-je dû vous parler de la féerie de Noël, des lumières qui scintillent dans le sapin, des lutins et des petits bonhommes de neige que j’y ai accrochés pour que mes petits-enfants s’émerveillent et engrangent plein de beaux souvenirs.
J’aurais pu vous causer de tourtières, de ragoûts et de gâteaux qui embaument la maison.
Du Père Noël qui viendra manger les biscuits avant de déposer les cadeaux des enfants.
Je ne sais pas … s’il faut croire au Père Noël, d’autant que je viens d’apprendre que le bonhomme joufflu au ventre rond « promeut peut-être le message qu’obésité est synonyme de bonne humeur et de jovialité ». Ah! le vilain!

Histoire de vous faire sourire, je vous propose d’écouter 23 décembre du groupe Beau Dommage. (On n’écoutera pas La Charlotte, mes chéris) Pour les cousins français qui passent par ici, voici les paroles de la chanson, au cas où quelques mots vous auraient échappé.
J'ai dans la tête un vieux sapin, une crèche en d'ssous
Un Saint-Joseph avec une canne en caoutchouc
Était mal faite pis j'avais fret (froid)
Quand je r'venais d'passer trois heures dans un igloo
Qu'on avait fait, deux ou trois gars, chez Guy Rondou
J'ai d'vant les yeux, quand j'suis heureux, une sorte de jeu
Qu'on avait eu une sorte de grange avec des bœufs
La même année où j'ai passé
Le temps des fêtes avec su'a tête une tuque d'hockey
Parce que j'voulais me faire passer pour Doug Harvey
{Refrain :}
23 décembre, Joyeux Noël, Monsieur Côté
Salut ti-cul, on se r'verra, le sept janvier
J'ai sur le cœur un jour de l'an où mes parents
Pensant bien faire, m'avaient habillé en communiant
Chez ma grand-mère c'était mon père
Qui s'déguisait en Père-Noël pour faire accroire
Que les cadeaux ça v'nait pas tout de Dupuis Frères
{Au refrain}
Ça m'tente des fois d'aller la voir pis d'y parler
Fée des étoiles, j'peux-tu avoir un autre hockey ?
J'ai perdu l'mien, beau sans-dessein
J'l'ai échangé contre des photos où on voit rien
Une fille de dos qui s'cache les fesses avec les mains
{Au refrain} x2
12 décembre 2009
Le fouet salvateur
Ça tourne les amis, ça tourne.

Ce fouet que je vous ai présenté dans le billet précédent, ce petit rien du tout qui vous a titillé l’esprit, me chatouille maintenant la tête depuis une semaine. J’étais à un cheveu d’enfouir ce blogue sous un gros banc de neige lorsqu’une amie, m’a fait cadeau de ce « fouet » qui ne fait pas monter la mayonnaise et ne fait pas partie non plus des accessoires sado-maso. Bien au contraire, il s’agit d’un doux masseur de tête. Vraiment ce masseur est au poil. En plus de fouetter la matière grise pour mousser les idées dans la caboche, le truc-machin procure une agréable sensation de détente, des frissons le long de l’échine jusqu’au bas des reins et un fou rire assuré. Depuis que je me gratte la tête, j’ai repris du poil de la bête. Je ne coupe plus les cheveux en quatre pour savoir si j’écrirai ceci ou cela, ou si le lecteur dira : quelle tête enflée cette caboche ou pis encore, c’est une tête de linotte. Ce masseur me permet maintenant d’écrire à tête reposée. C’est qu’il m’arrivait parfois de m’arracher les cheveux pour trouver une idée de billet, surtout lorsque j’étais de mauvais poil. Non mais vous imaginez, j’allais me faire des cheveux blancs avant de friser la soixantaine. Alors, comme je vous le disais, cette amie complice de bien des folies, avec qui je suis souvent de mèche pour jouer des mauvais tours, m’a permis de résoudre ce qui était devenu pour moi un vrai casse-tête. Ah! Le bonheur mes amis que ce petit masseur. À bien y penser, je crois que je suis devenue un peu accro. Du matin au soir, assise à la fenêtre, je regarde tomber la neige et je me masse le cuir chevelu. Je ne fais plus rien de mes dix doigts, l’Homme de la maison s’arrache les cheveux, désespère de mon oisiveté et me dit que j’ai un poil dans la main. Les passants qui m’aperçoivent font une drôle de tête, je les vois derrière la vitre qui chuchotent : « Caboche rit de nous, elle se paye notre tête.» Bof! Que les gens déblatèrent, qu’ils se crêpent le chignon, ça ne me dérange pas d’un poil. Je suis ZEN maintenant.

P.-S.: Vous croyez que cette histoire est tirée par les cheveux?
Je vous défends d’en douter.
Poil au nez.
05 décembre 2009
Tout et Rien à la fois
Quand Rien s’installe, Tout panique.
Et aussi bien vous le dire
Lorsque que, pour couronner le Tout
Il ne se passe Rien du Tout,
En un Rien de temps c’est le néant.
Pendant des jours, Rien attend que Tout refasse surface.
Et lorsque Tout se met en branle, il n’y a Rien à faire,
Comme si de Rien n’était, il prend toute la place
Et le vaut Rien prend la poudre d’escampette.
Ça fera bientôt 3 ans que Tout et Rien se renvoient la balle.
Aujourd’hui, Tout compte fait, je crois bien que Rien a gagné.
Il faut parfois prendre des risques et jouer le Tout pour le tout.
Après Tout, il n’y a Rien à perdre à changer du tout au tout.
Et même si vous pensez que Rien ne va plus, Tout est sous contrôle.
Un Rien, et Tout reprendra bientôt sa place.
Il ne faut pas s’inquiéter, le Tout est de faire quelque chose.
Il arrive parfois que trois fois Rien inspire Tout un chacun.
Voici Rien de plus, Rien de moins qu’une
Bizarrerie de Rien du tout
N.B. : Une explication de la photo mystère suivra vos commentaires.










