Anarchiquement vôtre

Salmigondis de mots sans queue ni tête à ne pas prendre au pied de la lettre. Réflexions sur tout et rien pas toujours au quotidien

13 mai 2012

Au-delà des couleurs

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Comment retrouver une paix sociale?

 

2-paix

 

En mettant un peu d’eau dans son vin plutôt que de jeter de l’huile sur le feu?

 

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En coupant la poire en deux?

 

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En laissant tomber les masques

Sans perdre la face?

 

5-masque

 

Allez! Un p’tit effort.

 

6-drapeau_blanc

 

P.-S.:

Ce texte  s’adresse aux belligérants de tout acabit ….

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02 mai 2012

Initiation précoce

L’enfant du XXIème siècle est un être, à plusieurs points de vue,  éminemment précoce pour son âge.

J’ai pu le constater un matin de la semaine dernière.

J’étais chez ma fille lorsqu’arriva l’heure d’aller conduire la petite âgée de 17 mois à la garderie.

C’est une enfant souriante, sociable, plutôt collaboratrice et qui sait ce qu’elle veut.

Debout sur un tabouret, elle regardait par la fenêtre des élèves de l’école secondaire voisine qui défilaient dans la rue.

-          Ma chouette, que je lui dis, viens mettre ton manteau pour aller à la garderie.

-          Non. Pas gadri.

-          C’est l’heure de partir pour aller jouer avec tes amis.

-          Non.

-          Tu ne veux pas aller à la garderie ce matin?

-          Non.

Je suis plutôt surprise de son refus d’aller rejoindre ses amis. Elle aime aller à la garderie.

Elle descend du tabouret et se dirige vers le frigo sur lequel est placé un petit jeu d’aimants.

Et là, oh! Surprise. Elle choisit trois petits carrés rouges qu’elle place bien en vue sur la porte du frigo.

Tiens donc, que je me suis dit. Quelle belle journée pour initier les enfants à l’action citoyenne et démocratique! Allons marcher au soleil dans les rues du quartier.

Vive la grève à la garderie!

 

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03 avril 2012

Des tours de vieux

Peut-être connaissez-vous  des vieux, un peu ratoureux, qui  jouent des tours.

 Ils sont drôles, moqueurs ou cyniques,  même  tristes parfois.

Mais ce n’est pas de cela dont je veux vous parler. Bien que …

 

Dans mon quartier il y a des tours d’habitation pour les personnes âgées autonomes.  Elles s’élèvent tout  en hauteur le long de la rivière, et peuvent contenir facilement plus de cents logements. Un genre de « Club Med »,  tout inclus : clinique médicale, pharmacie, piscine, buanderie, jeux en tous genres (billard, pétanque, shuffleboard, bingo …) et des gentils organisateurs pour donner la cadence et divertir les locataires.

Oh! Comme ils sont chanceux, ces vieux.

Je ne sais pas cependant si quelques- uns n’échangeraient pas leur studio de 400 pieds carrées dans ces hôtels  4 étoiles pour un petit  4 ½ dans un haut de duplex de leur ancien quartier.

Certes, ces résidences  offrent maints services de santé, de loisirs et de sécurité et c’est ce qu’apprécient les résidents, mais il y a un prix à payer, celui de vivre « en communauté ».

Deux cents vieux et vieilles, tous ayant atteint  l’âge  d’or, croyez-vous  que ça forme un groupe homogène? Pas du tout.

Paulette aimerait que la bibliothèque achète davantage de roman Harlequin tandis que Marguerite réclame Proust, Camus et Simone de Beauvoir.

Georgette joue au bingo tous les mardis soir mais Yvon n’a pas encore obtenu son club de joueurs d’échecs.

À la salle à manger, Jeannine ne peux pas supporter d’entendre Marcel saper en mangeant sa soupe.

Quant à Georges, il n’y a rien qui ne l’exaspère plus que de voir Roger se traîner les pieds.

 

Il n’est pas si facile de vivre « en gang ».

Depuis 4 ans, je suis témoin,  à chaque semaine,  des aléas de la cohabitation puisque je m’occupe bénévolement d’une petite bibliothèque dans une résidence pour personnes âgées autonomes.

Chaque personne que je rencontre et  avec qui je fais la conversation arrive à m’étonner. Ce n’est pas surprenant, elles ont quatre-vingts ans de vie à me raconter. (Les noms ici sont fictifs mais les personnes bien réelles).

Tiens, il y a Henri, ancien professeur d’arts  plastiques. C’est l’organisateur en chef de la tombola annuelle. Henri ne doit pas mesurer plus de 1 mètre 65. Frêle, l’œil vif, il s’affaire à enjoliver la salle des  loisirs. Lorsqu’arrive la semaine de la tombola, il transforme les lieux en un décor digne des films de Walt Disney.

 

Claire a des doigts de fée. Ancienne couturière qui a trimé dur pour gagner sa vie,  elle est fière de nous raconter comment elle travaillait sur des machines à coudre à 6 fils. C’est une bricoleuse hors pair. Entre la réparation d’un pantalon, la fabrication d’un chapeau ou d’un bibelot et  la correspondance par Internet avec son amoureux, elle n’a pas le temps de s’ennuyer.

 

Paul  est un grand monsieur qui se tient droit comme un i. Il a une jambe de bois, un genou de plastique et une hanche d’alu. Qu’à cela ne tienne, il aime danser. Mais sa spécialité ce sont  les jeux de mots, les phrases célèbres qu.il cite à tout propos  et les histoires un peu salées.

 

Madame De la Durantaye est octogénaire, trilingue et diplômée des Hautes Études Commerciales.  Elle trouve difficilement sa place dans cette résidence qui abrite des gens de classe moyenne. Enfance dorée, élevée par des bonnes d’enfants, cultivée,  le tutoiement ne fait pas partie de ses habitudes. Elle vouvoie son époux dont elle prend soin.  Entre deux sorties au concert, elle aime prendre des responsabilité.

 

Irène est une meneuse qui  aime relever des défis  (comme Madame De la Durantaye d’ailleurs, c’est pourquoi elles ne s’entendent pas).  Irène a donc mis sur pied une petite école. Elle fait la classe une fois par semaine à une vingtaine de résidents. Elle met un temps fou à préparer des exercices pour développer la mémoire, la concentration, le sens de l’observation et plein d’autres choses utiles dans la vie. Elle corrige les devoirs et maintient une bonne discipline dans la bonne humeur. L’école a un succès fou.

Cette activité vient en deuxième place après le bingo.

Je pourrais vous parler encore longtemps de toutes ces personnes que j’aime, chacune dans leur différences, leur originalité, leur façon d’appréhender  la vieillesse.  Que dire de Jacques, 92 ans, devenu expert en informatique et qui s’amuse à numériser ses disques vinyle ou à rédiger de petits textes pour le journal de la résidence.

Ces personnes âgées ont encore une pulsion de vie, un goût du partage, même si Roger se traîne les pieds, si Hubert marche courbé comme s’il portait le poids du monde entier ou si Jacqueline la timide marche les yeux baissés.

 

P.-S. : Ce billet m’a été inspiré par un texte de Zoreilles intitulé Madame B que vous pouvez lire sur son blogue.

 

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(cliquez sur l'image pour entendre la musique)

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13 février 2012

Rêve prémonitoire

Avant d’aller dormir Il m’arrive d’avoir « un petit creux ». Ce soir-là, pour combler ma faim j’avais avalé un croûton de pain et quelques tranches de rôti de porc à l’ail.

J’aurais pas dû.

Ma nuit fut plutôt agité. À peine tomber dans les bras de Morphée, je faisais un rêve étrange.

 

J’arpente les rues de Montréal.  Il  fait sombre. Par mesure d’économie, on n’a allumé qu’un réverbère sur deux.  

De peur d’être attaquée par des gangs de rue, j’essaie de  presser le pas. Mais j’avance péniblement.  Dans ce quartier branché de la métropole, on déneige parcimonieusement, jamais à moins de 15 cm de neige, et on s’abstient les week-ends. Récession oblige.

Près de la bouche de métro, un jeune sans abri cherche à se réchauffer.  Les gens circulent sans le remarquer.

À quelques mètres de là, sous un viaduc, une conduite d’eau s’est fissurée sous la pression du gel. Une voiture qui s’y était engagé, a dû s’immobiliser.

Au loin, j’entends le bruit des sirènes.

Dans un passage, entre deux édifices délabrés, j’aperçois deux rats qui filent à toute allure.

Je n’ai plus qu’une seule idée en tête, fuir.

Je dois coûte que coûte quitter cette ville, sortir de l’île.

Mais comment faire lorsque tous les ponts sont en ruine.  Certains sont fermés, plusieurs sont en état de décrépitude avancée et quelques-uns se sont déjà effondrés.

Je nage en plein drame.

Je veux crier mon désarroi mais aucun son ne sort de ma bouche.

C’est à ce moment que le chien de la voisine me réveille par ses aboiements. Il fixe un rat mort au pied de l’escalier.

 

Ça ne rime à rien

 

Hé! Montréal,

Que deviens-tu?

Tu vieillis mal.

T’es mal foutue.

 

Au beau milieu du St-Laurent.

Voilà qu’tu pars à la dérive.

Par le passé, je t’aimais tant.

Mais aujourd’hui, t’as plus d’avenir. 

 montreal1

 

Je vois l’exode des Montréalais,

Vider tes rues de ses enfants.

Tu essuieras un camouflet

Des voyageurs, en t’endormant.

 

Montreal2

                         

 

« Dieu ce que t’as changé en … 10 ans

T’as rien pour inspirer l’amour. »

Ma ville, mon île, tu t'laisses aller.

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27 janvier 2012

Une histoire en or

Cette histoire est un prétexte pour vous présenter des jolies photos d’une Abitibienne de souche.

J’ai quelques amis qui ont émigré dans leur propre pays.  Ils viennent de la Gaspésie, de la Beauce  ou de l’Abitibi et ils habitent à Montréal depuis plus de 40 ans.  

Lorsqu’ils me parlent de leur coin de pays,  leurs yeux s’illuminent, et quand  ils évoquent la mer, les forêts ou les grands espaces, c’est toujours avec beaucoup de nostalgie.

Et bien moi, la Montréalaise, née les deux pieds dans le bitume,  je pense  qu’ils se sentent un peu à l’étroit ici, prisonniers de la grande ville qui les a adoptés.

Déracinés de leur terre natale, ils n’arrivent pas à  s’enraciner dans le béton.  Ils retournent donc régulièrement « par chez eux » comme ils disent pour respirer le grand air, s’imprégner de l’air salin et  humer l’odeur des grands sapins.

C’est le cas de mon amie Denise, originaire d’Abitibi. À chaque été, elle parcourt plus de 500 km pour revisiter  ses souvenirs qu’elle prend en photos.

L’été dernier, elle a roulé sur l’or, mais attention,  l’histoire n’est pas aussi rose qu’on le croit.  Ses photos par contre sont magnifiques et ont piqué ma curiosité de citadine. 

 

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Ces paysages, qu’on croirait lunaires,  s’étendent sur plusieurs kilomètres et cette poudre dorée qui recouvre le sol, ce n’est pas de la poussière d’or oubliée là par inadvertance pour le bon plaisir des gens du quartier. Ce sont plutôt des résidus miniers d’une ancienne mine abandonnée par ceux qui l’ont exploitée. Les journalistes en parlent parfois dans les journaux, mais pas souvent,  les sites orphelins, c’est pas trop vendeurs.

Restons positifs, les temps changent. J’ose espérer que les images qui suivent annoncent des comportements  plus écologiques face à l’exploitation  minière qui peut contribuer à la prospérité des communautés concernées.

Le montage qui suit montre le début d’un réaménagement où après un an, un espace de verdure commence à se recréer. L’image en bas à droite, c’est un projet de belvédère à Malartic.

 

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Ah ! Vous trouver que l’’histoire est un peu courte et qu’elle manque de documentation ?

Vous avez raison.

Je vous ai dit au début qu’elle n’était qu’un prétexte. Comment voulez-vous que je vous parle en abondance du sujet ? A Montréal, dans ma cour qui fait quelques mètres carrés, je n’ai pas de gaz de schiste, ni de mine d’or ou d’argent,  je n’ai que trois poteaux de téléphones.

 

P.-S. : Pour voir et entendre  l’Abitibi, je vous suggère de faire un détour Chez Zoreilles, une amoureuse et grande défenderesse de ce coin de pays. Y a pas 6 heures de routes à faire, elle est à un clic de souris.  

  Et pour voir et respirer l’air salin de la Gaspésie, je vous suggère une petite visite chez Barbe blanche.  

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14 décembre 2011

Quand on revient de loin.

Après une longue absence sur ce blogue, comment raconter brièvement 7 mois de cauchemars?

Comment intéresser des lecteurs (s’il en reste) impatients qui préfèrent généralement les histoires drôles ou salaces, écrites en 140 caractères?

Devrais-je utiliser 7 lignes, 7 paragraphes ou 7 chapitres pour décrire 7 mois de descente aux enfers?

 

1-    Chronologie.

Avril 2011. La neige a fondu. Sur la pelouse restent encore quelques plaques de glace grisâtre.

Le temps est doux. L’heure a sonné du grand ménage du printemps.

C’est décidé, je refais ma salle de travail de fonds en comble.  Plus de stuc sur les murs, fini le préfini « bois de chêne », basta le tapis poussiéreux.

Trois semaines de gros travaux et la pièce sera méconnaissable.

 

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Trois semaines plus tard

 

2-    30 avril 2011.  Jour mémorable

Sur le plancher de bois reverni, il ne reste que les plinthes à poser.

Et hop, un dernier effort de clouage en position inconfortable.

Demain, les meubles seront replacés, les cartons vidés, les livres rangés sur les nouvelles étagères et l’ordinateur installé dans son nouveau décor.

 

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Des effets secondaires du marteau

 

3-    1er mai 2011.  Quand la vie bascule

C’est au petit matin de ce dimanche de mai que le premier effet secondaire du marteau est apparu.

Une douleur insupportable se fait sentir, juste là, à la hanche gauche et elle irradie jusqu’au pied.

 

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4-    6 mai 2011.  Un malheur n’arrive jamais seul.

En me rendant chez le médecin, je perds pied dans le petit escalier de ciment. S’ajoute à la bursite de la hanche, une fracture du poignet et une blessure grave à la colonne. L2-L3 crie au secours.

 

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5-    Mai, juin, juillet, août 2011.  Virée chez les docs.

C’est bien connu,  chaque toubib a sa chasse gardée. Mais que ce soit chez le neurologue, l’interniste, l’urgentologue, le neurochirurgien ou le généraliste, on en ressort toujours avec un petit flacon de pilules  aux effets plus que secondaires et loin d’être inoffensifs.

 

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6-    Mai  à  novembre 2011.  L’agenda de la malade et de son aidant naturel.

Arrrrg! Quel cauchemar.  On cherche, on s’interroge, on ne comprend pas.  C’est la panoplie de tests.  Il faut donc transporter l’handicapée qui se tient difficilement debout et qui souffre le martyr en position assise dans un véhicule non-adaptée. Quel aria!

 

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7-    Octobre, novembre, décembre 2011. Du lit à la marche. Étapes d’une guérison

Après 5 mois au lit, persuadée que je ne marcheraiplus, voilà que j’entends vaguement dans ma tête de morphinomane une phrase qui se lirait comme suit : « Caboche, lève-toi et marche » ou était-ce plutôt : «La meilleure façon de marcher … c’est d’mettre un pied devant l’autre et d’recommencer … »?

 

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C’est ce que je fais maintenant tous les jours, en évitant de penser au deuil que je devrai peut-être faire de quelques activités que j’aimais tant.

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Posté par caboche à 22:45 - Salmigondis au quotidien - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]