24 juin 2009
Mon clavier ne répond plus
Vous ne me croirez peut-être pas, mais lorsque je me suis assise ce matin devant mon clavier il s’est mis à marmonner.
Je ne comprenais rien à ce qu’il essayait de me dire. Il prenait un accent d’ailleurs, « placotait » sans rime ni raison, glissait quelques mots en anglais et tenait un discours des plus insolite.
Pis encore
Il me disait des bêtises.
Proférait des insanités.
C’est alors que je me suis mise
À lui parler dans le nez.
Hey! Le Querty, branche-toi.
Tu veux que je te mette sur la touche?
T’es déconnecté ou quoi?
Monsieur s’offusque, prend la mouche.
Je ne le reconnaissais plus
Lui, de coutume si docile.
Je crois bien qu’il n’en pouvait plus
Il jouait les imbéciles.
En se mettant à « tab », il finit tout de même par cracher le morceau. Alors, j’ai vu apparaître sur l’écran, en lettres rouges, bien centrées, les mots suivants :
J’ai besoin de vacances.
J’ai compris qu’en juillet, mon clavier ne répondrait plus.
Je pars donc très bientôt, faire une petite virée au pays du maringouin et de la «frappe-à-bord », et j’écouterai le soir le chant des huards.
Claude Gauthier – Le chant du huard
Comme le dit si bien Brel, les pieds dans le ruisseau, je regarderai lentement couler la vie.
Je vous laisse sur quelques images de ce joli coin de pays dont je vous ai si souvent parlé, le Lac-du-Cerf dans les Hautes Laurentides, d’où il faudra bien que je revienne quelque part en août.
Sur une musique de Gilles Vigneault, J’ai pour toi un lac, vous pouvez jeter un coup d’œil par ici en cliquant par la suite sur « Diaporama en musique ».

22 juin 2009
Musique de fête, mais laquelle?

En cette semaine de fête nationale, voulez-vous bien me dire :
C’est pour qui la fête?
Comme un enfant adopté qui cherche ses racines, qui est déchiré entre sa mère naturelle qui l’a accouché (la France) et sa mère adoptive qui l’a élevé (l’Angleterre), le Québec se cherche, se torture les méninges à chaque année quand vient le temps de fêter avec ses frères et sœurs de lits différents.
24 juin : St Jean Baptiste, fête des Canadiens français. Emblème : le mouton.
24 juin : fête du Québec, fête des Québécois. Emblème : le fleur de lys.
24 juin : fête du Québec français. Emblème : le drapeau des patriotes.
Le 24 juin, on marche sur des œufs. Entre le set carré et le quadrille écossais, on ne sait plus sur quel pied danser.
Peut-on inviter à la fête un band anglophone, un groupe de musique irlandaise, un chansonnier français ou un rappeur haïtien?
Ferons-nous figure de colonisés, de conquis ou de mous de la colonne incapables de s’affirmer?
Que de questions existentielles auxquelles je n’ai pas de réponses.
La ville de Laval ne semble pas s’être posé trop de questions pour inviter Charles Aznavour au Mondial Choral présidé par Gregory Charles.
Ben, c’est tant mieux. Parce qu’hier soir, à 3 roues de vélo de chez moi, au Centre de la Nature, j’ai pu profiter d’un joli spectacle en plein air, et d’un tour de chant d’une heure 15 d’un monument de la chanson française et ce pour quelques dollars. Vive la banlieue!
Pour me faire pardonner ce petit engouement de colonisée, voici quelques tounes bien de chez nous qui n’ont pas toutes eu une carrière internationale…
Vous ne les trouverez pas dans la liste des 24 chansons listées par La Presse et que vous pouvez écouter ici.
AMUSEZ-VOUS.
La Bolduc Ça va venir, découragez-vous pas.
Le rapide blanc d’Oscar Thiffault (vidéo amateur)
Y as tu de la bière icitte
Le philosophe poète Raoul Duguay en duo avec … Normand Brathwaite et le chœur québécois dans La bitt à Tibi. (belle vidéo à la fête nationale 2008)
20 juin 2009
Solstice
Changement de décor au fil des saisons.
Mais où sont passées les fraises pour le solstice d’été?
Elles sont dans mon assiette. Moi je préfère les cueillir et les manger.

Ce sera donc sur fond de marguerites que je vous parlerai de la courte saison.
Allez hop! Au jardin, il faut ramasser les samares avant que l’érable ne se multiplie.
Je vous dis pas, hein? Une engeance cette mauvaise graine qui sème à tout vent.
Dans ma cour qui est une toute petite cour, il y a un érable. Et dans ma rue qui est une toute petite rue, il y en a vingt.

15 juin 2009
Saint-Âne protégez-nous!
Les mordus de la pédale sont en beau joual vert.
Et pourquoi pensez-vous que les cyclistes de haute performance sortent de leurs gonds?
Parce qu’on veut mettre un frein à leur excès de vitesse.
Oui messieurs dames, rouler au-dessus de 30 kilomètres/heure, c’est dangereux. Ça peut écorcher le genou.
C’est une histoire de chicanes de clôtures.
Pour obliger les cyclistes de compétition qui s’entraînent sur la piste du circuit Gilles-Villeneuve à « modérer leur transport », la Société du parc Jean-Drapeau a installé des chicanes et des dos d’âne sur l’asphalte. On forcera ainsi les « fous de la vitesse », athlètes de haut niveau, à ralentir. C’est pour leur bien, bien entendu.
Mais peut-être que Montréal veut confirmer sa réputation de ville de vélo en lançant une nouvelle discipline olympique : Le 100 mètres haies à vélo!
Cette décision m’agace mais ne me pénalise pas, je roule « mémère » à 20 km/heure en longeant la rivière, en contemplant le paysage et en m’arrêtant à tout bout de champs pour prendre une photo.
Pour vous dire ce qui m’horripile, c’est l’obsession que nous avons en Amérique du Nord, de la sécurité et de la protection du bon peuple à tout prix.
Si on pouvait, pour éviter des noyades, ériger des barbelés autour des lacs et des rivières, on le ferait.
Eh! bien, à prendre ainsi les citoyens pour des idiots et des irresponsables, le risque est grand qu’on le devienne. Agissons en cabochon, de façon irréfléchie, marchons en équilibre sur les poutrelles du pont, si nous tombons à l’eau nous n’aurons qu’à poursuivre l’ingénieur, l’architecte, le gouvernement qui n’ont pas installé un filet sous le tablier.
Le temps n’est pas loin où le Québécois devra, sous peine d’amende, revêtir une armure pour aller acheter son litre de lait ou pour circuler entre les rayons de la bibliothèque.
Et je ne vous dis pas comment le jardinier devrait se vêtir pour se protéger des insectes piqueurs transporteurs de maladies mortelles. Haro sur l’importateur de la mouche tsé-tsé.
Au premier accident ce sera la faute du gouvernement.
Après tout, on ne peut prévoir ce qui peut arriver à l’honnête homme lorsqu’il sort de chez lui.
S’il fallait que par mégarde il ait un accident, il s’empresserait c’est sûr d’entamer des poursuites judiciaires.
L’infantilisation m’exaspère. Oui, papa!

07 juin 2009
Lettre à L.
Cette lettre commence bien mal, je ne sais pas si je dois écrire :
Chère L. ou
Salut vieille branche, ou
Bonjour L.
Depuis le temps qu’on se connaît, je ne t’ai jamais écrit. Toi non plus d’ailleurs.
Pourquoi on se serait empêtré dans des échanges épistolaires quand il était beaucoup plus amusant de jaser en roulant à vélo, en escaladant une montagne ou en sillonnant des pistes de ski de fonds.
Vois-tu, je suis devant mon clavier là, et j’ai toute la misère du monde à aligner deux mots correctement.
Pourtant aujourd’hui, il me semble que j’aurais tant de choses à te dire.
Mais bon, on ne peut pas partir en randonnée à vélo. C’est chose du passé maintenant. Tu as dû faire ton deuil de la petite reine.
Tu n’as pas fait de ski non plus cet hiver, ni l’hiver passé, tes os étaient trop fragiles, c’était dangereux pour toi.
Et la dernière montagne qu’on a grimpée ensemble, c’était le mont St-Hilaire, à l’automne, il y a deux ans. La vue était si belle au sommet.
Tu ne m’as jamais dit comment ça devait être difficile de renoncer à toutes ces activités au fil des mois qui passaient. On n’en parlait pas de ça. Tu acceptais tous ces deuils, et puis on s’adaptait, on faisait autres choses qui te convenaient mieux.
La dernière marche qu’on a prise ensemble, sur le bord de la rivière, tu étais assise dans ton 4 roues, il faisait un temps magnifique, on s’arrêtait pour écouter le chant des oiseaux, pour admirer le vert tendre des feuilles au printemps. Et tu appréciais le moment présent.
Avec le temps, j’ai compris la différence qu’il y avait entre se résigner et baisser les bras, ou plutôt accepter ce qu’on ne peut changer tout en continuant à se battre et à savourer chaque instant de la vie. Il y a des choses qu’on n’apprend pas dans les livres, ni dans les mots qu’on aurait pu se dire. Il faudra que je m’en souvienne maintenant, de cette façon que tu as eu de vivre chaque jour intensément, sans apitoiement, quoiqu’il arrive.
Une battante, c’est ce que tu es et que tu as toujours été.
Depuis quelques semaines, on a réussi à trouver un nouveau passe-temps : je fais le clown thérapeutique et, de ton lit d’hôpital, tu me donnes la réplique. On rit encore … un peu.
Tiens, hier, on s’est payé la tête de la diététicienne qui aurait bien aimé te gaver avec ses produits à la con. Ce que tu as été patiente pour écouter tout son baratin.
Mais tu l’as bien eu avec ton histoire de verre de vin qui n’est jamais au menu, et qui ferait pourtant mieux passer le dîner infect qu’on te serre. Oh! Tu ne rouspétais pas, je t’ai vue me faire un sourire en coin.
Tu ne te plains pas, tu me parles plutôt de l’infirmière souriante et attentionnée, du médecin consciencieux qui réussit à soulager la douleur et tu me dis comme tu es chanceuse d’avoir eu le meilleur.
Et bien moi, j’ai le clown triste, parce que c’est difficile, tu sais d’accepter que ta vie s’écoule lentement dans ce goutte à goutte qui atténue la souffrance.
Je trouve que c’est trop tôt, ce départ auquel tu me prépares.
Mais je me fais violence, tu sais. Et je me parle, je philosophe, je rationalise, tu me connais.
Parce que je sais que tu n’aimes pas les ronchonneuses, les geignardes, les pessimistes qui voient toujours le mauvais côté des choses.
En tout cas, ça doit bien faire 10 kilomètres qu’on roule là, je te laisse te reposer.
Ton amie aux atomes crochus.

30 mai 2009
La lessive émancipatoire
Le titre a été proposé par Zed au Jeu des titres.
Cycle délicat
J’étais assise devant ma machine à laver et je réfléchissais.
Quelle belle invention que cette « laveuse »!
Mais, s’il fallait qu’elle brise. Ciel! Ce serait l’enfer! Elle n’est pas jeune, 33 ans de loyaux services, l’âge du Christ quand Il s’est éteint.
Je n’aurais pas les moyens d’en acheter une autre dans les 3 jours, ça c’est sûr.
Ça brassait le linge sale, comme ça, tout seul, je n’avais rien d’autres à faire que de penser. Et aussi bien vous dire, ça brassait aussi dans ma tête.
Au moment de l’essorage ça s’est mis à tourner très rapidement. Les idées s’entrechoquaient, je m’affairais à y mettre de l’ordre et je ne voyais plus très clair. La « broue dans l’toupet », j’essayais de reprendre mes esprits.
La décision à prendre était plus difficile que ça en avait l’air.
D’un côté je me disais: laisse tomber Caboche, tu accordes trop d’importance à une formalité, tu perds ton temps. Et de l’autre, il me semblait que je devais être conséquente avec les gestes que je pose, avec mes valeurs, avec le discours que je tiens.
Le cycle d’essorage étant terminé, je bénissais l’inventeur de la machine à laver d’avoir libéré la femme de cette corvée. Non, mais vous vous rendez compte, grâce à cette invention, je pouvais penser librement. Si c’est pas l’émancipation de la femme ça, dites-le moi.
Le dimanche de Pâques, les enfants sont venus souper à la maison et j’ai décidé de leur parler de mon questionnement.
À la fin du repas, entre la poire et le fromage, je leur ai fait part du geste que je m’apprêtais à poser.
Ce fut l’éclat de rire général. J’avais beau leur dire : Attendez, laissez-moi vous expliquez ma démarche, j’ai réfléchi, vous savez. Il n’y avait rien à faire, ça rigolait dans la chaumière.
Fils aîné me dit comment il avait toujours apprécié mon sens de l’humour. Quant à fille sportive, sourire en coin, elle m’a demandé si je ne préférerais pas consacrer mon temps à lui donner un petit coup de main pour finaliser son rapport d’impôt plutôt que de faire des démarches pour …
une DEMANDE D’APOSTASIE.
Hé! Ne riez pas, ma décision est prise, j’ai posté mon formulaire hier, dûment signé par deux témoins. Et je précise que ce n’est pas suite à un lavage de cerveau.
Je ne gonflerai plus les statistiques d’une Église dont la philosophie ne m’a jamais convenue.
Mon nom ne figurera plus dans les registres paroissiaux. Je me débaptise, oui, je me dissocie formellement de cette Église.
Et en toute confidence, depuis le temps que je vis en état de péché mortel, s’il avait fallu que je meure avant d’être débaptisée, j’allais tout droit en enfer.
Maintenant je crois … à la machine à laver et à la lessive émancipatoire.
Voici quelques liens en rapport avec le sujet.
Formulaire de demande pour le Québec
Article – Le Devoir - Hausse des demandes d’apostasie au Québec.
P.-S. : Vous pourriez PRIER pour moi lundi ? Je dois subir une petite intervention à …








