Anarchiquement vôtre

Salmigondis de mots sans queue ni tête. Réflexions au quotidien sur tout et rien.

26 février 2008

Pour Bob

C'est quand le bonheur?

Musique: Cali            

Quand quelqu'un vous dit: "Tu me donnes des ailes", ça vous en donne aussi.

Et vous volez avec lui.

Vole et ne t'arrête pas, Bob Léponge.

delta

Montréal - Parc des hirondelles - octobre 2008

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24 février 2008

Le TOP fait des jaloux

Après avoir écrit sur le TOC, le FLUX, l’EPO, les GES et le TAS, je m’aventure aujourd’hui sur le TOP.

Il n’y a rien de plus délicat que de se pencher sur le TOP. Ça demande toujours beaucoup de doigté et de réflexion parce que le TOP est la plupart du temps une matière à controverse voire même à contestation.

Enfin le TOP, bien qu’il suscite la curiosité, fait rarement l’unanimité.

Il entraîne presque toujours des discussions à n’en plus finir et fait des jaloux et des envieux.

Le TOP c’est une Torture Organisée de la Pensée.

Donc bien qu’il s’agisse d’un sujet épineux, il y a quelques semaines La Presse osait consulter 50 personnalités du monde de la musique pour connaître …

leur TOP 10 des meilleurs albums québécois de l’histoire!

Oui, vous avez bien lu, les 10 meilleurs albums … à vie, ça signifie de La Bolduc (1927) à Mes Aïeux, Pierre Lapointe et Cie en passant par Félix Leclerc et Céline.

Vous avouerez qu’il y a matière à réflexion dans ce joyeux melting-pot!

En suivant ce lien vous verrez les 50 personnalités consultées et pour chacune d’entre elle vous découvrirez son TOP 10.

Par ces longs soirs d’hiver, d’une saison qui n’en finit plus, je me suis rempli les oreilles de musique pour bâtir mon TOP, un peu à la va-comme-je-te-pousse, sans trop de critères de référence si ce n’est « j’aime »… leur poésie, leur musique (le piano de Desjardins), leur engagement social ou politique, leur nostalgie, leur folie. Ils me chamboulent le cœur, ils me font rire ou pleurer, ils me donnent des ailes, ils me font danser.

Alors, très anarchiquement dans le désordre, voici mon top 10 des chansonniers québécois.

Robert Charlebois – TOUT - Je reviendrai à Montréal et … (pour SeaRabbit) Mon pays ce n’est pas un pays c’est un job

Daniel Bélanger Les insomniaques s'amusent, Quatre saisons dans le désordre.

Beau Dommage Anthologie

Félix Leclerc TOUT -L’alouette en colère, L’hymne au printemps, Les 100 000 façons de tuer un homme et bien d’autres.

Les colocs Colocs live

Gilles Vigneault Au doux milieu de vous - J’ai pour toi un lac.

Claude GauthierClaude Gauthier chante Claude Gauthier

Richard Desjardins Tu m’aimes-tu

Claude Léveillée Mes années 60

Monique Leyrac – Les refrains d’abord (Compilation)

Et vous, vous aimez la musique?

Je vous laisse écouter celle-ci.   

                     

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17 février 2008

Le TAS, une question de lux.

Saviez-vous que des rats soumis à une noirceur totale préfèrent boire de l'alcool plutôt que de l'eau?

Quant à l'humain, privé de lumière trop longtemps, il sombre dans la mélancolie ... et se saoule. Bon, j'admets, je saute un peu vite aux conclusions.

Mais ce n'est pas moi qui le dis, ce sont des scientifiques de tout acabit qui estiment à environ 900 000 le nombre de Canadiens qui souffrent du trouble affectif saisonnier (TAS).

Si ça ne tourne pas rond dans votre tête ou si vous tournez en rond dans la maison, si tout est noir en dedans pendant que tout est blanc dehors, il y a de fortes chances que vous ne viviez pas suffisamment dans le lux.

Le lux, c'est l'intensité lumineuse. (plein soleil 50 000 lux - un appartement 200 lux)

Évidemment, si vous vous payez le luxe de passer l'hiver en Floride, vous profitez peut-être d'un peu plus de luminosité qu'au Québec.

(Mais vous ratez de sacrés beaux paysages hivernaux!)

Donc, d'éminents chercheurs se sont penchés sur le problème du peu de lumière l'hiver et de ses conséquences sur le moral.

Quand le soleil se couche à 16 heures pour se relever à 7 heures 30 le lendemain matin, il est un peu normal qu'on en ait ras le bol de sa paresse.

Alors, si vous voulez voir la lumière au bout du tunnel et vous sortir de la dépression saisonière, vaut mieux vivre dans le lux.

Voici donc quelques solutions au problème de la déprime saisonnière.

Vous pouvez vous payer un petit luxe et acheter une lampe de luminothérapie. Le coût? Plus ou moins $250. (5000 à 10 000 lux).

Mais si vous êtes fauchés comme les blés, il y a d'autres moyens à votre portée:

30 minutes de marche à pied par temps ensoleillé

(30 000 lux + amélioration immédiate de l'humeur

3 heures de raquettes par temps pas trop "frette".

(Ça fouette ... le canadien)

1 heure de patin à glace en le faisant avec grâce.

(Ça vous donne un beau hâle)

15 kilomètres de ski de fond par vaux et par monts.

(Ça nettoie les poumons)

Il est par contre fortement déconseillé de vous enfermer tout l'hiver en lisant du Baudelaire.

Pour ce qui est de vous jeter du haut d'un pont, c'est mortel comme solution.

D'autant qu'en février, la semaine du suicide est déjà passé.

Et puis l'hiver n'est pas éternel après tout. Mais la mort ... ciel! Vous n'y avez pas pensé?

Je vous laisse quelques photos du lux(e) que je me paie.

marche

patin

ski1

ski2

ski6

ski7

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13 février 2008

Le temps d’une histoire inventée – Sandrine

Sur une musique de Sam Taylor – Harlem nocturne

Je t’ai vu un soir me sourire, c’était au Jell* Bar. Roger, le boss, voulait qu’on fasse un show spécial pour la St-Valentin. Kekchose qui n’aurait jamais été faite ça « Main ».

Je veux un « standing ovation » qu’il avait dit.

Je ne sais pas pourquoi, j’ai pensé à ma crinoline.

Les hommes aiment bien les allures enfantines.

Mais il fallait les surprendre.

Les prendre par le ventre.

Les hommes sont gourmands,

À St-Valentin particulièrement.

Alors, je me suis fait tatouer un sorbet,

À l’orange.

Et puis un chien barbet,

Qui sortait la langue.

Juste au-dessus du Mont de Vénus.

Je voyais déjà les rictus.

Un peu au dessous,

J’ai fait percer deux petits trous,

Où s’inséraient deux anneaux,

C’était du gâteau.

Deux petites billes rouges, bien accrochées,

Comme deux cerises prêtes à croquer.

Quand j’ai levé ma crinoline,

Ils ont tous scandé mon nom, Sandrine.

sandrine7F

P.-S. : Comme dirait Henri Salvador (dont je viens d’apprendre le décès), Faut rigoler.

De mon Jardin d’hiver je me souviens de ton rire, de ton humour et de ta joie de vivre comme d’Une chanson douce, comme si C’était hier.

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09 février 2008

White

Bien qu’ensevelie sous la neige depuis 3 mois et presque gelée de la tête aux pieds, je mets le cap sur l’Antarctique.

Depuis quelques jours, je suis complètement frigorifiée par la lecture de White de Marie Darrieussecq.

Iceberg en vue. Crac.

Les premières pages sont déroutantes par le style presque télégraphique qu’utilise l’auteur. Stop. Par la panoplie d’onomatopées qui jalonnent le texte. Vlan.

Un bateau se fraie un chemin à travers une mer houleuse et les glaces de l’Antarctique.

Un avion transportant scientifiques et chercheurs prend la même direction.

Les voyageurs qui se dirigent vers le pôle sud ont le mal de mer, la lectrice souffre avec eux du roulis et du tangage. Beurk.

Ce roman n’a rien à voir avec la littérature conventionnelle, il nous fait voyager par tous les sens dans un espace nue, balayé par le blizzard, blanc de givre, de cristaux de glace se reflétant sur le ciel bleu, entre le conte, le roman et le poème.

C’est l’été au pôle sud, il fait -40C, c’est le soleil de minuit, on sert le champagne en glaçons.

«Accoudés au bastingage, et hop et crac et chchchch… avec la même curiosité nous assistons au gel des haubans. … Puis les gangues de gel, puis les stalac-tites-tombent-mites-montent  du gel sur tous les instruments de bord! »

Les voyageurs ont traîné avec eux leurs fantômes qui parlent pour eux.

« … Edmée, Peter, Peter, Edmée – ouh! ulule encore une voix – le poulailler de fantômes, criaillant et blackboulés – P dit oui, murmure oui, roule oui dans la bouche de E ».

« Avec quelques creux et bosses formés depuis longtemps, des vagues de glace, des sastrugi. Se gazéifiant vers l’horizon, et montant au-dessus d’elle, comme dans une nasse; et nous (les fantômes) dedans, les mêmes inchangés. Dans le givre qu’Edmée souffle nous esquissons des volutes. »

Je reste ambivalente face à White dont la lecture n’est pas facile. (Marie Darrieussecq ne l’est jamais). Mon enthousiasme est plutôt froid.

Du même auteur, j’avais aimé Truisme et Tom est mort.

J’ai trouvé peu de critiques sur White. Je vous renvoie à la critique de presse parfois un peu pompeuse mais qui donne une idée assez juste du roman, et à celle-ci.

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Photo: Montréal sous la neige aux abords de la rivière. Février 2008

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05 février 2008

Le sens des affaires - Time is money

Je ne vous apprendrai rien en vous disant que tout s’achète, tant les biens que les services.

L’argent mène le monde, c’est bien connu.

Quand elle est bien roulée, elle sert de monnaie d’échange contre bien des plaisirs.

C’est ce qu’on appelle, je crois, l’économie de marché.

« Si tu marches, je veux bien te payer ».

Pour se refaire une santé on peut acheter un rein.

Si votre couple est infertile, vous pouvez acheter un enfant.

C’est ce qu’on appelle, je crois, la société de consommation.

T’es pauvre comme Job, moi j’ai des sous, tu veux bien me vendre une petite partie de toi?

On peut aussi acheter le silence, acheter la paix, acheter un témoin, et payer cher pour acheter sa liberté.

Voilà qu’en Espagne, le maire du village Noblejas a décidé de payer les enfants pour lire. « La commune subventionnera les familles à hauteur d’un euro par heure passée à la bibliothèque par leurs enfants.» 

…… ????  Y aurait-il parmi vous, fidèles lecteurs, un bon samaritain qui me paierait pour mes « lectures sous contrainte »?

Mais il faut saluer le génie américain en ce qui a trait au sens des affaires.

Pas question qu’un grand peuple tolère des cancres dans la nation.

Aux grands maux les grands remèdes.

Deux écoles américaines de Géorgie ont décidé de payer les mauvais élèves 8$ l’heure pour qu’ils participent à des séances de soutien scolaire. « Les enfants sont enthousiastes, ils étaient tous présents au premier cours, mardi », s’est félicité Mike Robinson, le directeur de l’école. »

Avec un tel salaire horaire, on le serait à moins. Ces enfants ont un sens des affaires inné.

Si je pouvais donner un conseil à ces jeunes, je leur dirais : «Time is money, ne perdez donc pas votre temps sur ces bancs d’école. Manifestement le directeur court à sa perte.»

dollar1

 

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02 février 2008

Correspondance à saveur de moutarde douce

La météo m’incitant fortement à demeurer au chaud (-25º C, vent violent, 20 cm de neige), et une épicondylite m’interdisant une utilisation prolongée de l’ordinateur, je suis assise confortablement dans un fauteuil et je lis.

Et je ris.

Le roman de Stéphanie Hochet, Moutarde douce, me comble de bonheur.

Pour tout vous dire, je préfère de loin le goût de la moutarde  à celle des poissons morts.

J’aime la satire, la moquerie et l’ironie qu’on retrouve tout au long de cette histoire.

« Un jeune écrivain célèbre (Marc Schwerin) reçoit et commente les lettes de ses admiratrices.  Entre cet homme et ses lectrices s’établit une relation ambiguë faite d’excitation, d’agacement et de dépendance.»

Voici quelques extraits.

p.24 « Marc, cher Marc, mon cher Marc,

Alors, comme ça, vous existez vraiment?

J’ai relu votre épître mille fois et j’ai pleuré d’émotion devant la sublime ligature qui vous tient lieu de signature. Et si cette ligature était le lien incassable et sacré qui nous reliait? …. »

p.80 (Marc écrivant à son ami Mustapha à propos de Sonia)

" As-tu remarqué, toi aussi, que la pucelle promène dans sa bouche un surcroît de bave - sans doute une accumulation de matière oubliée par des baisers inexistants - qui, quand elle parle, s'étire verticalement près de la commissure des lèvres et qui rappelle furieusement les fils du gruyère fondu ?"

p.180 « Savez-vous que je vous lis qu’une fois fardée et maquillée? C’est étrange mais je sens que le livre me rend visible quand l’auteur est grand. … Quand j’ai posé le livre, j’étais toute moite, mon visage était blême comme après l’orgasme. J’étais pleine de vous.»

N’étant pas très habile en matière de critique littéraire, je vous renvoie à cette page qui présente un résumé succinct de l’histoire et où l’avis de la lectrice rejoint bien le mien.

J’ai lu ce livre d’une traite, et je ne vous parlerai pas de la fin.

Il faisait partie de ma liste de « Lecture sous contrainte » mais sa lecture fut loin d’être contraignante.

Bonne lecture.

moutarde_douce

Posté par caboche à 23:52 - À lire jusqu'à la lie - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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