Anarchiquement vôtre

Salmigondis de mots sans queue ni tête, à ne pas prendre au pied de la lettre. Réflexions sur tout et rien pas toujours au quotidien.

27 octobre 2013

Pow! Pow!

 

Voici un sujet délicat à traiter : La chasse … au cerf de Virginie.

Ou dit autrement : Pourquoi tuer le papa et la maman de Bambi?

 

chasse

Je n’aurais jamais pensé vous parler de ce sujet si Zoreilles ne l’avait abordé dans un de ses billets.

 

 

 

En cette fin du mois d’octobre où la période de la chasse est ouverte un peu partout au Québec, allons-y d’abord de quelques questions élémentaires.

 

La chasse est-elle une activité sanguinaireOui. Inévitablement, si l’on tue un animal, que ce soit à l’arc, à la carabine ou dans un abattoir, … il saigne.

 

 

 

Peut-on faire un lien entre la chasse sportive et une activité pratiquée à l’Age de pierre? Oui et non.  Le Paléolithique est une période caractérisée par une économie de prédation où les humains sont des chasseurs-cueilleurs. Ils pratiquaient donc la chasse... non sportive.

 

 

 

Peut-on qualifier le chasseur d’aujourd’hui d’homme de Cro-Magnon? Non Les chasseurs, aujourd’hui, n’habitent pas dans des cavernes.

 

 

 

Loin de moi l’idée d’entamer ici  une argumentation sur le bien fondé de la chasse, ni de vous convaincre de quoi que ce soit.

 

Mais au moment où mon conjoint est parti à la chasse au chevreuil, avec son fusil à la poudre noire (et oui, le fusil à poudre noire remonte au XIVème siècle), je ne peux m’empêcher de penser à lui, sachant tout le soin qu’il a pris depuis quelques semaines pour préparer cette activité avec ses amis. Je sais qu’il est heureux de retrouver ses compagnons de chasse dans le bois, à 6 heures le matin, sous une température de – 5C, son lunch dans son sac à dos, marchant sur la pointe des pieds jusqu’à sa cache pour ne pas effrayer le chevreuil.

 

En 30 ans de chasse, il a abattu une seule fois un chevreuil. Les autres années, l’animal était trop loin ou mal placé, ou il n’avait pas de bois, ou les bois n’étaient pas sassez longs,  ou  il devait « faire le chien » pour faire lever le chevreuil. (Chut! Il ne faut pas lui dire, mais je me suis demandée s’il voulait vraiment tirer, lui qui est un excellent tireur au tir à la cible).

 

Mais tout ça n’a pas d’importance. Il est toujours heureux lorsqu’il revient. C’est une histoire de copains qui partagent un loisir, des repas en gang le soir, des histoires de chasse et de pèche depuis plus de 30 ans.  C’est une histoire de gars fiers de s’être entraînés au tir et d’avoir déjoué l’animal qui est souvent plus malin qu’eux.

 

Alors  moi, lorsqu’il revient après 2 semaines de marche au grand air,  je suis bien contente de pouvoir faire quelques tourtières à la viande de chevreuil pour le temps des fêtes, au lieu des pâtés au bœuf engraissé aux hormones.

 

 

 

Bonne chasse les amis.

 

 

 

 

Posté par caboche à 10:19 - Salmigondis au quotidien - Commentaires [4] - Permalien [#]

Commentaires

    La chasse

    Caboche,

    Je sais que l'homme à dû de tout temps chasser pour vivre, mais aussi apporter un certain équilibre entre les différentes espèces animales.

    Après allé en vacances sur l'île d'Anticosti, je suis encore plus sensible à ces pauvres petites aimables et inoffensives. Il était tellement possible de les approcher et vivre en harmonie avec les cerfs de Virginie. Il y en a environ 200000 sur l'île contre 200 habitants. Cette île à 17 fois la dimension de l'ile de Montréal. Elle a la même grandeur que la Corse.

    Je ne mange presque plus de viande. J'ai trop les animaux. Et je crois qu'il ont plus d'intelligence et de sentiments qu'on l'imagine. Ils ont certains sens plus développés que l'homme et perçoivent peut-être des choses qu'on ne peut saisir.

    Posté par Jackss, 28 octobre 2013 à 01:02
  • @ Jackss

    Ton commentaire touche à plusieurs aspects de la chasse. Tu parles de l’équilibre entre les espèces animales et de la surpopulation de cerfs, sur l’Île d’Anticosti entre autres. C’est un problème de survie pour les cerfs de Virginie lorsqu’il y a une surpopulation et qu’ils ne trouvent plus suffisamment de nourriture pour survivre. La question est de savoir si l’homme doit intervenir par une chasse réglementée ou laisser la nature suivre son cours.
    La chasse réglementée, c’est ce qui se fait présentement dans différentes régions du Québec pour établir les cotas de chasse.

    Pour ce qui est de devenir tous végétariens, alors là, la question est aussi complexe et délicate que le port du voile dans la fonction publique.
    Qu’arriverait-il si toute la population du Québec ne mangeait plus de viande, par exemple? (Un pays végétarien!) Un impact radical sur l’économie? On ne fait plus d’élevage. Adieu veaux, vaches, cochons, couvées. On cherche d’autres sources de protéines.
    Pour ce qui est de l’intelligence et des sentiments des animaux, il y a énormément de recherches qui se font là-dessus.
    Ton commentaire apporte des sujets de réflexion intéressants. Je crois que tu as un don pour pousser les lecteurs à se torturer les méninges. J’aime ça.

    Posté par Caboche, 28 octobre 2013 à 09:27
  • C'est rare!

    Un billet comme le tien, c'est plutôt rare! Je suis contente que tu viennes faire écho au mien, parce que nous ne sommes pas nombreux(ses) à vouloir défendre l'indéfendable!

    L'amour qu'on a pour les animaux peut s'exprimer de bien des manières. Je suis presque végétarienne moi aussi mais c'est une question de santé, et aussi parce que je considère les conditions de vie et d'élevage de certains animaux, par exemple les poulets dans des cages trop petites, les méga porcheries, etc. comme une affaire bien pire que la chasse où le gibier (orignal, caribou, chevreuil, perdrix) vit pleinement et en toute liberté jusqu'à ce qu'un prédateur, en l'occurrence l'homme, l'abatte sans le faire souffrir pour pourvoir s'en nourrir.

    Les animaux, je les aime beaucoup, je les aime trop pour les mettre en cage, je les veux libres. Et s'ils meurent d'un coup sec sans souffrir plutôt que de subir les affres de la famine par surpopulation ou l'attaque d'un prédateur animal où il n'est pas de taille pour se défendre et qu'il s'en aille mourir au bout de ses souffrances, le choix est facile à faire.

    Posté par Zoreilles, 02 novembre 2013 à 16:09
  • @ Zoreilles

    « Défendre l’indéfendable », quelle belle expression. J’endosse ton propos mais honnêtement je n’en fais pas une cause à mener à tout prix. Et ce n’est pas parce que je n’aime pas les animaux. Je trouve les chevreuils très jolis, les bébés phoques aussi, les sangliers un peu moins et les hippopotames pas du tout. Alors, je laisse la cause à Brigitte Bardot.
    Au moment où j’ai lu ton billet, mon mari (homme paisible et non violent qui s’attendrit en voyant un chevreuil faire traverser son bébé sur la route, et qui ne ferait pas mal à une mouche) se préparait à partir pour la chasse. Pour plusieurs, ça semble plutôt cocasse et contradictoire comme situation. Alors, j’ai eu l’idée de parler de cet aspect de la chasse sportive, soit une activité entre amis, entourée d’un rituel qui, à mon avis n’est pas macabre comme certains le laissent entendre.
    Petite tentative pour défendre l’indéfendable?
    Par contre, je comprends moins bien ceux qui s’adonnent à la boxe comme sport! Mais ça c’est une autre histoire. Et je n’en parlerai pas.

    N.B.: Petit problème technique. Lorsqu'on clique sur "envoyer" un commentaire, c'est long avant qu'il apparaisse, d'où le problème des envois multiples.

    Posté par Caboche, 03 novembre 2013 à 00:15

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