Anarchiquement vôtre

Salmigondis de mots sans queue ni tête, à ne pas prendre au pied de la lettre. Réflexions sur tout et rien pas toujours au quotidien.

04 novembre 2013

Quand l'histoire se répète.

Histoire de « twit » ou de tweet?

 

Si vous saviez comme je me sens seule de ma gang aujourd’hui. Mélange de tristesse, de déception et de colère.

Ces sentiments me sont venus en apprenant le taux de participation des Montréalais aux élections municipales de dimanche (42%). J’ai alors réalisé qu’à Montréal, près de 60% des gens s’en fout complètement de se faire voler pendant des années, puisqu’ils ne se sont pas donnés la peine d’aller voter.

À tous ceux et celles qui attendent impatiemment dans leur salon de pouvoir voter sur Twitter, je vous dis : soyez patients et rassurés. Dans 4 ans, ce sera probablement chose faite puisque le programme électoral du nouveau maire de Montréal, écrit en 140 caractères, repose sur une véritable révolution électronique. Alors comme monsieur le maire a promis de faire de Montréal une « ville intelligente »,  j’ose espérer que les Montréalais auront gagné en clairvoyance et en lucidité dans 4 ans pour se rendre compte de l’importance de participer à cet exercice démocratique.

Autre sujet irritant : Comment expliquer que la chaîne de télévision nationale, Ici Radio-Canada télé  n’ait pas choisi  de présenter « la soirée des élections » en remplacement de son bla-bla dominical qui, paraît-il attire plus d’un million de téléspectateurs?

Bof! C’est toujours plus facile de niveler par le bas.

Et oui, j’ai l’impression de ramer à contre-courant toute seule dans ma barque à Montréal. Alors, veuillez ne pas inscrire ici les raisons qui vous ont empêchés d’aller voter dimanche le 3 novembre, puisqu’il y a de grandes chances que je fasse la sourde oreille à vos explications. D’autant que j’aimerais citer en exemple ma fille et son conjoint qui, bien qu’ayant un jeune bébé d’une semaine à la maison, ont tout de même réussi à aller exercer leur droit de vote. 

Mais de tout cela, je vous en ai déjà parlé ici. Et l’histoire malheureusement se répète.

Posté par caboche à 23:19 - Salmigondis au quotidien - Commentaires [10] - Permalien [#]

Commentaires

    Tu me consoles

    Oui, ton billet me console et je partage ta déception, ta peine. Je tenais le même propos en fin de semaine dernière à plusieurs personnes autour de moi. On dirait qu'ils ne comprennent pas ce que je veux dire.

    Chez nous, à Rouyn-Noranda, un faible taux de participation au vote jamais atteint : 34 %, une très mauvaise nouvelle.

    Je suis allée voter malgré que notre conseillère municipale était réélue par acclamation et que le maire sortant avait deux opposants qu'on peut qualifier de « pas sérieux » et qu'il est rentré fort, à 80 % des votes. Oui oui, moi aussi, j'avais prévu ça mais je voulais faire partie des statistiques de ceux qui se mêlent de leurs affaires et qui s'intéressent au gouvernement municipal, celui le plus proche de nous.

    Je n'ai pas pu convaincre personne d'aller voter mais je suis contente que mes enfants y soient allés et qu'ils considèrent cela comme une participation citoyenne minimum.

    J'ai un ami qui soutient que ne pas voter, c'est voter, exprimer son désaccord. Je lui réponds que tant qu'à vouloir exprimer son insatisfaction, qu'il aille voter en mettant des x partout pour annuler son vote, son opinion serait plus claire ainsi. Et il ne serait pas comptabilisé avec ceux qui s'en foutent.

    Posté par Zoreilles, 06 novembre 2013 à 08:47
  • @ Zoreilles

    L’argument du désaccord avec les candidats, ou le « ils-sont-tous-pareils, des nuls, des pourris », c’est souvent la raison que les gens invoquent pour ne pas se donner la peine d’aller voter. C’est leur façon de justifier leur indifférence, leur paresse ou leur je-m’en-foutisme face à la participation citoyenne.
    Évidemment, l’argument ne tient pas la route. Une administration municipale administre notre argent et prend une foule de décisions sur des sujets qui nous concernent tous et qui touchent à notre quotidien.

    À Montréal cette année, il y avait 4 candidats de partis politiques et quelques indépendants qui se présentaient à la mairie. De plus, il y avait des candidats à la mairie des arrondissements, des conseillers de ville et des conseillers d’arrondissement. Ce n’est pas le choix qui manquait. Dans mon arrondissement, il y avait 4 bulletins de votes. On pouvait se concocter un conseil municipal tout à fait hétérogène, aux tendances des plus variées.
    Mais évidemment, ça demande un petit effort et c'était peut-être trop compliqué pour des p'tits têtes.

    J’aurais pensé qu’après tous les scandales dévoilés à la Commission Charbonneau, le taux de participation aurait été plus élevé.
    Ça doit être une autre cause indéfendable!

    Posté par Caboche, 07 novembre 2013 à 14:25
  • 42%, c'est pas si mal

    Si 42% de la population s'intéressait à l'actualité mondiale ou locale, ce serait formidable. Je doute que plus de 10 ou 15% des citoyens ne s'intéressent à la chose. En ce sens, 42% des gens qui quittent leur divan pour aller voter, c'est bien.

    Hier soir je dinais avec des connaissances (j'ose pas écrire des "amis"). Ces derniers se plaignaient que des "crosseurs" aient été réélus chez eux. Je leur ai demandé s'ils avaient été voter. La réponse fut négative. Ils ignoraient qui étaient les candidats. Comme pour 85% de la population, ce sont des "branchés" (Ipad, Tweeter, Facebook, téléphone intelligents). Ils écrivent des insignifiances, et en lisent autant. Je leur ai dit que c'est grâce à eux si des "crosseurs" menaient leur barque. Suffisait de prendre 10 minutes et de se rendre sur Internet pour s'informer quelque peu. Trop d'efforts physiques et cérébraux.

    Ceci dit, si 42% des gens s'intéressent à la politique, à l'administration de leur patelin, ce serait fantastique. Mais, soyons réalistes, combien de citoyens sont "allumés"? Combien s'informent sans être obligés d'appartenir à un clan, voter pour un collègue, un parent, un ami ou un voisin? 5%? 10%? 15%?. Très peu. Encore une fois, si le vrai chiffre était de 42% ce serait excellent. N'oublions pas que 30% des Québécois sont des illettrés fonctionnels, que l'émission du Banquier est drôlement plus populaire que Coderre.

    Le vote obligatoire? Je suis contre. Déjà, sur les 42%, il y en a sûrement 20% qui votent en fonction de la photo ou de promesses délirantes. Alors un vote forcé ne ferait qu'accentuer la chose.

    Le vote électronique? Je ne suis pas contre mais comment assurer la transparence? Comment assurer l'intégrité du vote?

    Je crois qu'il est extrêmement facile de voter. Faut au moins savoir qu'il y a des élections!

    Grand-Langue

    Posté par Grand-Langue, 10 novembre 2013 à 11:27
  • @ Grande-Langue

    Tout compte fait, votre analyse chiffrée de la population québécoise, vue de cette façon sur toutes ses coutures, m’a convaincue que 42% de taux de participation à l’élection municipale de Montréal, c’est vraiment très, très bien, d’autant que les chiffres sont trompeurs.
    Et que les ignares restent chez eux, finalement c’est mieux.
    Par contre dans mon arrondissement, si les gens avaient voté « en fonction de la photo », la donne aurait changé.

    Posté par Caboche, 10 novembre 2013 à 17:20
  • Les dirigeants qu'on mérite

    Je suis tout à fait d'accord avec Grand-Langue: je suis contre le vote obligatoire.
    Ce serait obliger les gens qui n'ont pas d'idée à aller voter. Et je crois que dans une grande ville comme Montréal, il y a de multiples raisons pour lesquelles, des citoyens ne parviennent pas à se faire une idée. Plusieurs sont nés ailleurs qu'au Canada. Plusieurs ne maîtrisent ni le français ni l'anglais. Notre système scolaire est déficient au niveau de la transmission de connaissances élémentaires et les matières susceptibles de former le jugement sont défaillantes. On pourrait en ajouter beaucoup d'autres.

    Mais je me réjouis qu'on se questionne et se scandalise de la situation. L'esprit démocratique est essentielle pour une société forte et prospère. Bravo Caboche. La capacité de s'indigner est toujours un bon indice de la valeur d'une communauté. C'est l'indifférence qui est la plus inquiétant manifestation.

    Posté par Jackss, 12 novembre 2013 à 20:08
  • @ Jackss
    Je m’interroge sur l’indifférence des gens en ce qui a trait à la chose publique. Il me semble qu’anciennement (je n’ose pas mettre de date) les gens s’intéressaient davantage à la politique. Une petite recherche rapide sur le Web m’a permis de constater qu’en 1976, lors de l’élection provinciale, le taux de participation était de 85,3%. Et puis j’ai trouvé un tableau fort intéressant donnant les taux de participations entre 1900 et 1998. À compter de 1931, aucun taux de participation n’était inférieur à 73%.
    On pourrait discuter longuement des causes de ce désintéressement de la population pour les affaires publiques, et de cette indifférence face à la participation électorale. Mais je m’arrêterai là.

    Posté par Caboche, 13 novembre 2013 à 14:48
  • Désabussement ou ignorance

    Le pouvoir de s'exprimer et le droit de votes sont peut- être ce que nous avons de plus précieux comme société. Nous n'en sommes pas assez conscients. Tu as raison de le souligner. Sans m'en rendre compte j'ai touché ce même thème sous un autre angle dans mon denier billet.

    Plusieurs causes peuvent expliquer ce désintéressement. Tu en as déjà souligné quelques-uns, comme l'études de matière de nature à former le jugement. Tu as raison. Je suis également toujours surpris de voir nos concitoyens obtenir des diplômes universitaires sans une culture générale de base. J'ai entendu le témoignage de plusieurs enseignants qui se font rabrouer lorsqu'ils ne donnent pas des bonnes notes à leurs étudiants.

    Quand j'étais au collège, dans plusieurs niveaux du programmes, le vendredi après-midi était consacré à des discussions libres sur l'avenir de Québec. Il y avait dans nos classes des collègues dont les parents étaient proches du pouvoir politique. Les discussions étaient passionnées et fort utiles. Ces discussions ne servaient qu'à nous politiser pour qu'ont soit de meilleurs citoyens, réfléchis, en mesure de faire des choix éclairés. Aujourd'hui, je ne suis pas sûr que ça pourrait se faire sans provoquer de scandale. Il faut que tout soit politiquement correct. On a peur d'appeler un chat, un chat.

    Il y a beaucoup d'autres facteurs...

    Posté par Jacks, 24 novembre 2013 à 10:56
  • @ Jacks

    Ah! La la. Chacune de tes phrases pourrait nous amener dans de longues et intéressantes discussions pendant les soirées d’hiver. Ce sont des sujets auxquels je réfléchis très souvent.
    Tu sais qu’on peut sortir de l’université bardé de diplômes, tout en étant inculte, ne sachant pas écrire le français et parfois même sans jugement. Il y a tellement d’exemples qui me viennent en tête.
    Tiens, juste pour rire : une diplômée de CEGEP en technique de documentation croyait qu’Antoine de Saint-Exupéry était un auteur québécois!
    Une étudiante en criminologie (3 ans d’université) se présente à un stage dans un centre d’Accueil pour adolescents, vêtue comme pour faire le trottoir. Le prof a dû inclure dans son cours de préparation aux stages l’item « tenue vestimentaire appropriée pour une stagiaire ».

    Et que dire de la normalisation des notes. pour que la majorité des étudiants obtiennent la note de passage (soit D autour de 55%).

    De façon générale, je n’aime pas me tourner vers le passé et prétendre que « c’était donc mieux dans l’ancien temps ». Il est vrai que les collèges classiques donnaient une bonne formation générale, mais c’était aussi très sélectif, comme l’était d’ailleurs l’université. On a démocratisé l’enseignement et on a voulu donner accès aux études supérieures à un plus grand nombre de gens, alors dans le brouhaha de toutes ces réformes, on a aussi nivelé par le bas.

    Tiens, pourquoi ne pas remettre aux programmes d’études de l’école primaire jusqu’à l’université ces vendredis après-midi de discussions libres? Ça créerait de l’emploi chez les profs de philo et, qui sait, une génération capable de penser par elle-même.

    Posté par Caboche, 24 novembre 2013 à 23:16
  • Des voeux de la saison

    Chère Caboche, je ne pouvais résister à l'envie que j'avais ce matin de te faire mes vœux pour un temps des Fêtes qui soit heureux et chaleureux, en compagnie des gens que tu aimes. C'est ça, le plus important, tout le reste est accessoire!

    Posté par Zoreilles, 24 décembre 2013 à 08:47
  • Chère amie plus que virtuelle, comme ça me touche que tu aies pensé à moi aujourd’hui. Merci pour ces vœux chaleureux que tu m’envoies.

    Je te souhaite aussi un temps des fêtes rempli d’amour et de petits bonheurs comme tu sais si bien les apprécier et nous les raconter.
    Caboche (pour la quatrième fois mamie depuis peu de temps et qui a très peu de temps à consacrer aux blogues).

    Posté par Caboche, 24 décembre 2013 à 10:48

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