04 septembre 2009
Cachez ce nombre qui dévoile votre ride.
Ce billet sera le dernier ………... dans la catégorie « Jeu des titres ». L’explication est par ici.
Petite princesse : Mamie, t’as des p’tits plis autour des yeux quand tu ris. (silence – elle regarde). Ça fait des rayons de soleil.
Mamie plissant les yeux : Ça doit être parce que j’ai beaucoup ri que le soleil a décidé de décorer mes yeux. Les petits plis, ça s’appelle des ridules.
Petite princesse : Maman, maman! Tu sais Mamie quand elle rit, elle a des ridicules autour de ses yeux.
En passant devant la glace, Catherine jette un regard furtif. Elle s’arrête et replace une mèche de cheveux, essaie de camoufler ceux qui ont blanchi un peu.
Il n’était pas nécessaire que Petite princesse lui fasse remarquer que des rides s’amusent à décorer ses yeux. Elle les a vus depuis longtemps tous ces plis qui sillonnent son front et qui creusent à qui mieux-mieux des sillons. Ils se sont multipliés au fil des ans, suivant les rires, les pleurs, les déchirements.
Chaque ride a sa petite histoire.
Les filiformes, les toutes menues lui parlent des événements heureux, des jours nombreux où elle a ri à en plisser les yeux.
Mais celles qui ont creusé de profonds sillons ne lui permettent pas d’oublier. C’est l’empreinte des coups durs, des séparations, des inquiétudes, des blessures.
Celles-là, il lui est impossible de les maquiller. Même à coups de truelle elle n’arriverait pas à les estomper.
Ah! Elle a bien pensé à un ravalement de façade qui lui donnerait un petit air de jeunesse. Mais à quoi serviraient tous ces fards, simulacres d’une vie qui n’est pas la sienne.
Ce visage un peu froissé, il est sa mémoire, le souvenir d’avoir parfois trop aimé.
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Pourquoi alors effacer les traces laissées par tant de chemins parcourus?
Les rides sont là, elles y resteront.
Un brin de vanité lui dit tout de même qu’elle doit cacher ce nombre qui dévoile ses ridules.
Mais pourquoi craindre le ridicule? Elle sait bien qu’un jour, la peau se couvrira de fines craquelures et qu’inexorablement, tout finira par tomber mollement. Elle affichera alors fièrement une bonne gueule d’épagneul.

Moi qui n’ai jamais pu me faire à mon visage
Que m’importe traîner dans la clarté des cieux
Les couleurs les traits et les taches de l’âge
Mais lire les journaux demande d’autres yeux.
Comment courir avec ce cœur qui bat trop vite
Que s'est-il donc passé La vie et je suis vieux …
En musique (cliquer sur le lecteur)
Lettre d’un vieux guerrier - Dan Bigras, Ginette Reno
30 mai 2009
La lessive émancipatoire
Le titre a été proposé par Zed au Jeu des titres.
Cycle délicat
J’étais assise devant ma machine à laver et je réfléchissais.
Quelle belle invention que cette « laveuse »!
Mais, s’il fallait qu’elle brise. Ciel! Ce serait l’enfer! Elle n’est pas jeune, 33 ans de loyaux services, l’âge du Christ quand Il s’est éteint.
Je n’aurais pas les moyens d’en acheter une autre dans les 3 jours, ça c’est sûr.
Ça brassait le linge sale, comme ça, tout seul, je n’avais rien d’autres à faire que de penser. Et aussi bien vous dire, ça brassait aussi dans ma tête.
Au moment de l’essorage ça s’est mis à tourner très rapidement. Les idées s’entrechoquaient, je m’affairais à y mettre de l’ordre et je ne voyais plus très clair. La « broue dans l’toupet », j’essayais de reprendre mes esprits.
La décision à prendre était plus difficile que ça en avait l’air.
D’un côté je me disais: laisse tomber Caboche, tu accordes trop d’importance à une formalité, tu perds ton temps. Et de l’autre, il me semblait que je devais être conséquente avec les gestes que je pose, avec mes valeurs, avec le discours que je tiens.
Le cycle d’essorage étant terminé, je bénissais l’inventeur de la machine à laver d’avoir libéré la femme de cette corvée. Non, mais vous vous rendez compte, grâce à cette invention, je pouvais penser librement. Si c’est pas l’émancipation de la femme ça, dites-le moi.
Le dimanche de Pâques, les enfants sont venus souper à la maison et j’ai décidé de leur parler de mon questionnement.
À la fin du repas, entre la poire et le fromage, je leur ai fait part du geste que je m’apprêtais à poser.
Ce fut l’éclat de rire général. J’avais beau leur dire : Attendez, laissez-moi vous expliquez ma démarche, j’ai réfléchi, vous savez. Il n’y avait rien à faire, ça rigolait dans la chaumière.
Fils aîné me dit comment il avait toujours apprécié mon sens de l’humour. Quant à fille sportive, sourire en coin, elle m’a demandé si je ne préférerais pas consacrer mon temps à lui donner un petit coup de main pour finaliser son rapport d’impôt plutôt que de faire des démarches pour …
une DEMANDE D’APOSTASIE.
Hé! Ne riez pas, ma décision est prise, j’ai posté mon formulaire hier, dûment signé par deux témoins. Et je précise que ce n’est pas suite à un lavage de cerveau.
Je ne gonflerai plus les statistiques d’une Église dont la philosophie ne m’a jamais convenue.
Mon nom ne figurera plus dans les registres paroissiaux. Je me débaptise, oui, je me dissocie formellement de cette Église.
Et en toute confidence, depuis le temps que je vis en état de péché mortel, s’il avait fallu que je meure avant d’être débaptisée, j’allais tout droit en enfer.
Maintenant je crois … à la machine à laver et à la lessive émancipatoire.
Voici quelques liens en rapport avec le sujet.
Formulaire de demande pour le Québec
Article – Le Devoir - Hausse des demandes d’apostasie au Québec.
P.-S. : Vous pourriez PRIER pour moi lundi ? Je dois subir une petite intervention à …

10 mai 2009
Sur le divan de la psy
Titre proposé par Zed au Jeu des titres.
Après trois années de thérapie, Étienne n’était toujours pas guéri. Son état dépressif s’aggravait, il avait perdu son emploi de gardien de zoo et il ne comptait plus le nombre de phobies qui le terrassaient.
Pourtant l’origine de son traumatisme était connue. Lors d’une séance d’Ayurveda¹, il avait raconté à sa thérapeute comment son frère aîné Marco l’avait effrayé un soir lorsqu’il était enfant, en cachant des dizaines de sauterelles dans sa taie d’oreiller. S’en étaient suivi des cris, des hurlements, et une peur bleue des insectes.
Micheline, sa psy, avait testé de A à Z .une panoplie de thérapies pour le guérir de ses peurs irrationnelles.
L’Abandon corporel ne convenait pas à Étienne puisqu’il fallait se coucher sur le dos, les yeux fermés et ne rien faire. Ni bouger, ni se gratter. Or Étienne, se grattait tout le temps.
La Biosynergie n’avait été d’aucune utilité. La philosophie du « hic et nunc », vivre ici et maintenant, ne lui faisait aucunement oublier le passé.
La thérapie Craniosacrale aurait pu modifier l’activité nerveuse d’Étienne, et lui permettre de retrouver le sommeil. Mais l’exercice fut tenté en vain. Bien qu’il s’enroulait tous les soirs dans un filet pour dormir, il se réveillait constamment en sursaut, persuadé que son corps était couvert de fourmis.
On se tourna alors vers la Danse-thérapie. Comme Étienne ne cessait de bouger pour tuer des insectes imaginaires, sa thérapeute espérait exorciser le mal par le mouvement. Cette thérapie produisit l’effet contraire. Étienne cherchant continuellement à chasser des moustiques, semblait avoir la danse de Saint-Guy.
S’en suivirent les Élixirs floraux, le Feng Shui, la Gestal, et l’Haptonomie. Cette dernière méthode misait sur le toucher thérapeutique. Mais aussitôt que la thérapeute frôlait une partie du corps d’Étienne, il était persuadé que des criquets voulaient le dévorer.
Les semaines et les mois passèrent, l’état de santé d’Étienne ne s’améliorait pas.
Un ami lui avait parlé de l’Ingénérie des croyances de base, une méthode qui modifie les croyances inconscientes générant des comportements problématiques. Malheureusement, Étienne n’arrivait pas à retrouver en lui, l’enfant joyeux, confiant et insouciant qu’il avait été.
Micheline était elle-même adepte de 156 méthodes thérapeutiques. En désespoir de cause, elle tenta le Jin Shin Do, la Kinésiologie, la Luminothérapie, la Méthode de libération des cuirasses, et passa ainsi tout l’alphabet. Étienne maigrissait, son teint était verdâtre et il en était venu à avoir peur d’une mouche.
Par un beau soir d’été, assise sur la terrasse du chalet et pensant à son ami Étienne, Micheline eut soudain une idée lumineuse. Pourquoi ne pas traiter le jeune homme par la Zoothérapie et faire appel ainsi au pouvoir de l’animal?
La semaine suivante, lorsque Étienne se présenta à son bureau, il y trouva une pièce entièrement tapissée de photos de lucioles. Dans une atmosphère feutrée, un écran géant projetait des images d’insectes lumineux. Des bocaux étaient placés sur des étagères et sur le plancher dans lesquels des dizaines de mouches à feu dansaient pour faire la fête.
Étienne, ce soir-là tomba sous le charme … de ces insectes inoffensifs. Sur le divan de la psy il était maintenant au septième ciel.
¹ Vous pouvez trouver les définitions des différentes thérapies ici.


26 avril 2009
D'une pierre deux coups
Le Jeu des titres proposait deux titres pour le mois d’avril : Au plaisir de lire vos délires
et Avancez vers l’arrière s’il vous plaît. Étant avare de mon temps et voulant favoriser l’économie de billets verts, je me suis dit, faisons d’une pierre deux coups?
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Chers ministres et fonctionnaires de l’Éducation,
Depuis « 25 ans minimum » comme dirait un humoriste québécois, j’ai le plaisir de lire vos délires quotidiennement dans les journaux
De réformes en restructurations, vous ne cessez de m’étonner par votre capacité à ne pas appeler un chat un chat et par votre habileté à « échanger quatre trente sous pour une piastre ».
Je dois cependant avouer que je donnerais cher pour posséder la richesse de votre vocabulaire ainsi que votre imagination débridée, moi qui peine à écrire quelques courts billets une fois la semaine.
Tiens dernièrement, quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre que vous aviez trouvé une nouvelle façon de nous vendre votre programme contre le décrochage scolaire en le renommant programme pour la persévérance scolaire. Alors là vraiment, l’idée est culottée, vous m’avez jetée par terre. Quelle trouvaille!
C’est certain qu’avec une dénomination aussi positive, aucun n’élève ne désirera faire partie des non-persévérants scolaires. Tiens, moi-même qui suis allée à l’école passablement longtemps, qui m’intéresse à l’actualité et qui persévère à lire vos déclarations, j’ai bien failli décrocher et cesser de lire les journaux. Mais placée devant l’éventualité de devenir une non-persévérante, ça non jamais, j’ai tout de suite raccroché. C’est vous dire l’efficacité de vos méthodes.
Je me questionne beaucoup sur les nombreuses réformes apportées pour apprendre à lire, à écrire et à compter.
Bien que j’aie terminé mes études depuis plusieurs années, je me souviens encore comment l’institutrice nous apprenait les voyelles, les consonnes, puis les syllabes, et enfin les mots que tout ça formait. Ça prenait 9 mois pour apprendre à lire. Évidemment, certains enfants y arrivaient plus facilement que d’autres et quelques-uns manquaient de persévérance, mais je me souviens aussi que la plupart des élèves préféraient, sans l’ombre d’un doute, la récréation. C’est bien normal, n’est-ce pas? Et il y avait toujours une cloche qui en sonnait la fin.
Plusieurs fois par année, nous apportions un bulletin à la maison, et ma mère qui n’avait pas eu la chance de faire de longues études, avait tout de même les compétences transversales pour comprendre rapidement si j’allais réussir ou échouer mon année. Pour ça, on n’avait pas besoin de nous faire de dessins.
Je sais qu’en me lisant vous allez penser que je suis vieux jeu, que j’ai de la difficulté à m’adapter au changement et que je refuse d’aller de l’avant. Mais c’est mal me connaître.
Je ne voudrais à aucun prix voir réapparaître des « écoles de réforme¹ », mais je suis septique en ce qui concerne la réforme perpétuelle de l’école.
Je ne banalise aucunement le décrochage scolaire qui est un drame, tant pour les jeunes qui se retrouvent dans la vie sans formation sanctionné par un diplôme, que pour leur famille et pour la société. Mais ce n’est pas en enrobant les mots d’une pensée magique qu’on viendra à bout du problème.
Loin de moi l’idée de vous dicter votre conduite en matière d’éducation, par contre, tout en favorisant l’émergence d’une nouvelle pédagogie ouverte, de méthodes dynamiques d’apprentissage, d’accès aux nouvelles technologies, avez-vous pensé qu’avancer vers l’arrière ne veut pas nécessairement dire reculer?
¹ appellation des institutions destinées aux jeunes délinquants de 1908 à 1970.

06 avril 2009
Ah! … t’es sûre? Ok d’abord.
Au jeu des titres cette semaine, le titre proposé était « Ah! … t’es sûre? Ok d’abord »
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Ne voulant pas déroger à mes bonnes habitudes, voici mon tour de passe-passe pour remplir le mandat.
L’histoire commence comme ceci.
Un fantôme un jour m’interpella pour me dire que j’essayais de l’imiter en jouant à la femme invisible.
- Explique-toi, que je lui dis, espèce de fantôme de mes fesses. Tu crois que je me cache, que je me défile? Tu me connais mal, y a pas plus transparente que moi.
Ah! Ah! Voilà que le fantôme se met à ricaner, certain qu’il va gagner la partie en me poussant au pied du mur.
- Tu ne sais pas ce que tu dis, qu’il me dit. Tu me dis que tu es transparente, c’est bien la preuve que tu joues au fantôme, que tu veux voler mon identité en jouant la mystérieuse. Je vais te les botter les fesses, on verra bien.
Une discussion interminable s’engagea, de dicton en ouï-dire, de « c’est-toi-qui-as-dit-que-je-t’avais-dit » à « mais-non-tu-as-mal-compris », ce n’est pas ce que j’ai voulu dire, on n’en finissait plus de tourner en rond, en proférant des invectives, en s’insultant à qui mieux mieux.
En fait, je n’aurais pas dû l’insulter au début de la conversation. C’est comme ça que la discussion a dérapé et que la communication s’est mise à très mal passer entre nous.
Je crois qu’il avait compris qu’il devait me coller aux fesses.
De quiproquos en malentendus, le chassé-croisé allait bon train. Le ton montait, je me rendais bien compte que je n’aurais pas « le gros bout du bâton ».
Avant d’être prise les culottes à terre, je me suis ralliée à ses arguments.
- Ah! … t’es sûr? que je lui ai dit. Ok d’abord. Tu verras bien si je joue au fantôme. Voici Caboche en BD.

18 mars 2009
Le secret du colonel
Le titre proposé cette semaine au Jeu des titres, Le secret du colonel, a été suggéré par Blogue l’Éponge.
Si vous voulez suggérer des titres de billets, vous cliquez ici, sur La boîte aux titres, et vous laissez votre suggestion dans les commentaires. Nous traitons tous les titres qui nous sont proposés, au quinze jours, et par ordre chronologique des suggestions.
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Le colonel avait toujours fait la chose sous couverture.
C’est que cet homme respectable, qui avait cumulé médailles et galons, cachait un lourd secret.
Le colonel avait une jambe de bois.

Mais ce que le colonel ne savait pas.
C’est que, pendant tout ce temps, Marie-Madeleine, sa femme, cultivait à l’abri des regards indiscrets son jardin secret.
Marie-Madeleine avait un pied mariton ... une cuisse de v'lours .... une dent d'ciment.

Édit : Il reste encore un grand mystère, un secret bien gardé : Qu’est-ce qu’un pied mariton???? À vous de le trouver. (voir les commentaires)
06 mars 2009
Votre appel est important pour nous
Eh! Oui, c’est le titre imposé pour la quinzaine au Jeu des titres. Il a été suggéré par Blogue l’Éponge.
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Il y a l’appel qu’on attend impatiemment et celui qu’on n’attend plus. Il y a l’appel qui nous surprend et nous transporte de joie et celui qu’on aurait préféré ne pas recevoir. Il y a l’appel sans réponse, celui qui nous trouble et celui qu’on regrette d’avoir manqué. Bell invention le téléphone?
Ils attendaient tous un appel.
Jean-Claude était inquiet. À la clinique, on lui avait dit qu’on lui téléphonerait dans une ou deux semaines pour lui donner les résultats des tests qu’il venait de passer.
Il s’impatientait et se tournait les sangs.
Quand il décrocha le combiné ce matin-là, c’était la secrétaire du médecin qui était à l’appareil.
- Pourrais-je parler à monsieur Jean-Claude?
- Oui. C’est moi
- Je suis la secrétaire du docteur X. Le médecin aimerait vous voir. Pourriez-vous passer à son bureau demain matin à 9 heures?
- ……
Il sentit sa gorge se nouer, ses jambes fléchir, il savait déjà ce que serait le diagnostic.
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Quand Martin arriva à la maison, il jeta un coup d’œil au répondeur et vit qu’il clignotait. Depuis deux jours, il attendait un message important. Il avait soumis sa candidature pour un projet qui lui tenait à cœur, et qui s’avérait rémunérateur.
- Le message est pour monsieur Martin. L’entreprise YZ a accepté votre soumission pour développer le volet multimédia de l’entreprise. Nous aimerions que vous nous rappeliez le plus tôt possible pour finaliser les détails du contrat.
- WOW! WOW! Hey! Mon amour, t’as entendu? Parmi toutes les soumissions des grosses boîtes, j’ai décroché le contrat chez YZ.
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Il était minuit vingt et Claire dormait à poings fermés, Les dernières semaines avaient été épuisantes. Son patron exigeait qu’elle fasse des heures supplémentaires et il y avait ses allers-retours à l’hôpital pour veiller sa mère qui se portait de plus en plus mal.
Le téléphone avait dû sonner plusieurs fois lorsqu’elle l’entendit. Elle sortit du lit précipitamment, inquiète de recevoir un appel à une heure si tardive.
- Madame Claire?
- Oui.
- C’est l’hôpital Mon Repos. Nous avons essayé de vous rejoindre plus tôt, mais sans réponse. Votre mère n’allait pas très bien.
- Oui.
- Elle est décédée à minuit quinze cette nuit. Pouvez-vous passer à l’hôpital?
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Elle l’avait rencontré à une fête chez des amis. Ils avaient jasé longuement de politique, de littérature, de leurs goûts culinaires et d’activités sportives. À la fin de la soirée, il l’avait raccompagnée à son appartement.
Geneviève se demandait s’il la rappellerait. Elle n’osait pas faire les premiers pas. Lui, de son côté voulait bien la revoir mais pensait qu’il était préférable d’attendre quelques jours avant de l’appeler.
À chaque sonnerie de téléphone, le cœur de Geneviève s’emballait. Et puis, un soir, vers 7 heures …..
- Bonsoir. Geneviève? C’est Vincent. Comment vas-tu?
Vade retro télépphone - Bénabar
18 février 2009
Les scies n’aiment pas les raies
Le titre a été proposé par Blogue l’Éponge au Jeu des titres.
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Si les scies n’aiment pas les raies, à quoi peuvent bien servir ces scies si ce n’est pour faire des raies ? Vous devinez que le problème sera de taille aujourd’hui. Cette phrase sans sens ne sert en effet que de moyen mnémotechnique pour apprendre aux enfants une règle de grammaire. Mais voilà que je me sens prise entre le marteau et l’enclume. Devrais-je vous entretenir de la langue française, du « bon parler » ou de menuiserie pour respecter le titre proposé? Pour tout vous dire, la question qui m’agace depuis quelque temps est la suivante : Serait-ce préférable que les politiciens mettent la scie dans la langue de bois? Cette question me turlupine depuis la date fatidique du 2 février où, en entendant un politicien être à tu et à toi avec son invité à l’occasion d’une rencontre protocolaire, j’ai été littéralement sciée. J’ai toujours été de celle qui abhorrait la langue de la diplomatie et la rectitude politique, mais je me demande maintenant si je ne suis pas un peu vieux jeu en prônant un langage policé. Imaginons une rencontre protocolaire (situation fictive), où l’on raie toute formule de politesse. Le premier ministre du Québec, Jean Charest (prononcer raie) reçoit le président de la France, Nicolas Sarkozy à l’occasion des fêtes du 400ème anniversaire de la ville de Québec. Pour lui témoigner sa reconnaissance, il lui remet la médaille de la Bravoure. La conversation va comme suit : J.C.. : Mon cher Nico, tu peux pas savoir comme je suis content que tu te sois pointé à Québec aujourd’hui. Au nom de tous tes frères québécois, je te remercie mon vieux. N.S. : Écoute vieille branche, j’ai un horaire assez chargé par les temps qui courent, il va falloir faire court, j’pourrai pas rester longtemps. C’est pas que je te déteste, hein, mais j’ai plein d’mecs à rencontrer. J.C. : Ah ! bon. Si j’comprends bien, t’as d’autres chats à fouetter, tu moisiras pas ici. N.S. : T’as tout compris camarade. Mais putain, c’est la galère ce job ! J’suis jamais à la maison et Carla s’ennuie. J.C. : Amène ta femme la prochaine fois. On enverra nos pitounes magasiner en ville pendant qu’on travaille. N.S. : Dac. Là, je te laisse j’ai des vieux potes à rencontrer à Montréal et il faut absolument que je passe à Ottawa voir mon ami Stef. Il parait qu’avec la crise économique il a la plotte à terre. Bon, c’est plutôt sympathique comme conversation, on ne peut pas dire que le discours est ampoulé. Mais, tout de même, si on y mettait un peu plus de décorum. J’ai une petite nostalgie du protocole. Pas vous ?
29 janvier 2009
La ville en feu
Le titre de ce billet a été proposé par Mica au Jeu des titres.
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Au cœur de l’hiver, lorsque le mercure est en chute libre, quoi de mieux que de mettre la ville en feu pour se réchauffer.
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C’est bien au chaud, les pieds sur la bavette du poêle, que je me suis amusée à transformer des photos prises par temps froid au belvédère du Mont-Royal.
Montréal de glace et de feu.


Touristes perplexes. « Montréal brûle-t-il? » P.-S. : Tout en jouant à transformer le centre-ville, je ne peux m’empêcher de penser à tous les sans-abris pour qui l’hiver est plus qu’une rude saison. 

14 janvier 2009
Soyez toujours gentils avec ceux qui achètent des billets de loterie
Le titre de ce billet a été proposé par Mica au Jeu des titres.
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Il y a des phrases toutes faites comme ça qui sous-tendent un message à décoder. Celui-ci me semble un peu ratoureux.
Je préfère de loin les proverbes. Ils me font rigoler avec leur sagesse séculaire.
Tiens, ma mère « avait pour son dire » : Dans la vie, vaut mieux manger son pain noir en premier.
Moi, la vie à 5 ans, je n’y connaissais pas grand-chose. J’aimais jouer aux billes, aller à vélo, patiner l’hiver, faire des forts dans la neige et m’amuser avec ma poupée.
Mais quand maman me faisaient des tartines à la mélasse, alors là, j’aimais bien manger mon pain noir en premier.
J’ai compris beaucoup plus tard ce que voulait dire cette expression. Et si j’apprécie tant la vie aujourd’hui, si je n’envie, ni ne convoite la fortune des autres … je crois bien que c’est parce que … des tartines à la mélasse, j’en ai beaucoup mangé lorsque j’étais enfant. Mon pain noir, je l’ai mangé en premier.
Bien que peu fortunée, jamais ma mère ne m’aurait dit d’être gentille avec les gens pour profiter d’eux ou pour obtenir en retour quelque privilège que ce soit. Elle y serait plutôt allée d’un « On a souvent besoin d’un plus petit que soi ».

À l’école, les professeurs nous éduquaient à coup de proverbes. Ma culture dans ce domaine n’a pas de limite. Énoncez-moi le début d’un dicton, je vous en donne illico la suite.
En voici un qui m’a beaucoup marqué :
Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage.
Serait-ce pour cela que je m’évertue et persévère à écrire à tous les quinze jours, un texte à partir de titres imposés qui à prime abord ne m’inspirent aucunement…. ????


